La CNAPE dessine la carte de France de la prévention spécialisée

Publié aujourd'hui à 13h45 - par

La CNAPE a présenté, au début de l’été, les premiers résultats de « La carto de la prev’ 2026 ».

La CNAPE dessine la carte de France de la prévention spécialisée
© Par Markus Mainka - stock.adobe.com

Le secteur de la prévention spécialisée connaît, depuis plusieurs années, de profondes mutations institutionnelles et financières. Dans ce contexte, en partenariat avec l’Association de prévention spécialisée nationale (APSN) et le Comité national de liaison des acteurs de la prévention spécialisée (CNLAPS), la Convention nationale des associations de protection de l’enfant (CNAPE) a décidé de réaliser une cartographie de la prévention spécialisée, fondée sur le recueil de données auprès des structures présentes sur l’ensemble du territoire français, en métropole comme en outre-mer. Le 26 juin 2026 au siège de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), la CNAPE a ainsi présenté les premiers résultats de « La carto de la prev’ 2026 » et le site internet associé dédié.

Un état des lieux de la prévention spécialisée

80 % des structures présentes en France ont répondu à l’enquête, créant des statistiques inédites et représentatives du secteur de la prévention spécialisée, se félicite la CNAPE. Les structures non recensées ont jusqu’au 1er septembre 2026 pour se signaler via un formulaire à remplir sur le site.

Compétence obligatoire des départements au titre de la protection de l’enfance, rappelle la CNAPE, la prévention spécialisée est aujourd’hui présente dans 87 départements. La cartographie recense 234 structures réparties sur l’ensemble du territoire. Malgré une diminution du nombre de structures (- 8 % par rapport à 2016), celles-ci continuent d’accompagner un nombre important de jeunes. Les 185 structures répondantes déclarent avoir accompagné 99 716 jeunes en 2025, avec 2 830 équivalents temps plein (ETP) éducatifs.

Les départements, premiers financeurs

Confiée au département depuis les lois de décentralisation, la prévention spécialisée demeure une politique financée en majorité par les départements : 85,9 % des structures déclarent être financées, à titre principal, par cet échelon local. Néanmoins, 19,01 % déclarent être financées à titre principal par le bloc communal et 16,9 % par les métropoles.

Si les budgets de prévention spécialisée des structures répondantes ont progressé de 10 % entre 2020 et 2025, cette évolution doit être largement nuancée, précise la CNAPE. Celle-ci « s’inscrit dans un contexte de diminution du nombre de structures et traduit davantage un effet de concentration qu’une augmentation globale des financements. » Autre explication avancée : les structures développent désormais des stratégies de diversification de leurs ressources, via des financements hors protection de l’enfance. De fait, 56 % des structures bénéficient de financements issus de la politique de la ville, 29 % de dispositifs liés à la prévention de la délinquance, de la tranquillité publique ou de la radicalisation, et 26 % de politiques jeunesse.

Un recul du modèle associatif

Si le modèle associatif demeure largement majoritaire en prévention spécialisée – près de 90 % des structures recensées en relèvent –, la part des régies a significativement augmenté, passant de 3 à 9 % des structures répondantes, observe la CNAPE. Cette évolution concerne principalement les régies départementales et communales, dont les centres communaux d’action sociale (CCAS) – respectivement cinq structures recensées –, mais également les régies métropolitaines (quatre structures) et les autres intercommunalités (deux structures).

« Cette progression de la gestion publique peut s’expliquer, à la fois, par un mouvement de reprise en régie des structures associatives en difficulté, mais aussi par une volonté accrue des collectivités de maîtriser directement l’activité », commente la CNAPE. Côté associatif, la part des fondations progresse également, passant de 2 à 4 %. Enfin, la Convention nationale des associations de protection de l’enfant souligne l’émergence de modèles hybrides créés à l’initiative des collectivités territoriales, afin d’articuler portage public et souplesse associative. Ces formes organisationnelles nouvelles s’incarnent dans des grosses structures présentes sur des départements entiers, à l’instar du groupement d’intérêt public (GIP) en Loire-Atlantique ou de l’établissement public autonome Le 14, dans le Calvados.


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