Le ministère de l’Éducation nationale a publié début juillet 2026 (Bulletin officiel n° 27 du 2 juillet 2026) une circulaire précisant les enjeux prioritaires des plans de formation dédiés aux professeurs du premier degré.
Une nouvelle ambition pour la formation continue
« Pour être pleinement efficaces », dixit la directrice générale de l’enseignement scolaire, Caroline Pascal, signataire de la circulaire, les actions de formation doivent s’articuler autour de quatre dimensions complémentaires, à savoir :
- apporter des contenus pédagogiques et didactiques robustes adossés aux résultats de la recherche (dimension épistémique) ;
- ancrer la formation dans le contexte professionnel (dimension pragmatique) ;
- développer la capacité à analyser individuellement et collectivement les pratiques pédagogiques dans une perspective d’amélioration continue (dimension réflexive) ;
- inscrire la formation dans une dynamique intercatégorielle et collective (dimension collective).
Le plan de formation doit d’abord s’appuyer sur un état des lieux précis, afin de « construire un diagnostic partagé au sein de l’école », insiste la circulaire. Après concertation avec l’équipe pédagogique, cet état des lieux sera porté par le directeur d’école dans le cadre d’un dialogue avec l’inspecteur de l’éducation nationale (IEN). L’École académique de la formation continue (EAFC) est chargée d’apporter son soutien aux inspecteurs et aux formateurs en mutualisant des ressources de formation disponibles à l’échelon académique et en proposant une aide méthodologique à l’analyse des besoins de formation, à l’évaluation et au suivi des parcours de formation individuels et collectifs.
Les enjeux prioritaires
Les enjeux énumérés dans la circulaire sont au nombre de cinq.
- Le langage et le raisonnement scientifique
Ces deux axes concernent l’ensemble des disciplines et toutes les étapes du parcours des élèves, indique la circulaire. L’accessibilité de l’enseignement aux élèves à besoins éducatifs particuliers constitue un enjeu central de la formation des enseignants. Aussi, il convient de « sensibiliser les professeurs à la conception universelle des apprentissages comme approche enrichissant les gestes professionnels au bénéfice de tous les élèves. »
- La lutte contre les stéréotypes
La formation continue constitue un levier essentiel pour prévenir et réduire les biais de genre dans les pratiques pédagogiques. Celle-ci vise à accompagner les personnels dans l’identification et la prévention des stéréotypes susceptibles d’affecter les apprentissages, les parcours et les choix d’orientation des élèves. À ce titre, les thématiques « filles et mathématiques » et « garçons et lecture » sont des priorités de l’offre de formation académique.
- La protection de l’enfance
Les professeurs des écoles bénéficient de formations dédiées leur permettant de maîtriser les enjeux et les outils pédagogiques des séances d’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR). Appuyées sur les ressources institutionnelles, ces séances contribuent à « créer un environnement scolaire protecteur et bienveillant, essentiel à l’épanouissement de tous », assure le ministère de l’Éducation nationale.
- L’école maternelle
Le plan d’action pour l’école maternelle accompagne les enseignants afin de renforcer leur connaissance du développement du jeune enfant et de soutenir la mise en œuvre des apprentissages fondamentaux. Il favorise également le développement des coopérations avec les familles, avec les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM), les collectivités territoriales et les structures de la petite enfance. La liaison grande section-CP fait également l’objet d’une attention spécifique afin de renforcer la continuité des apprentissages, ajoute la circulaire.
- Enseigner en classe dédoublée
Les enseignants exerçant en classe dédoublée bénéficient d’un accompagnement renforcé. Les formations visent des gestes professionnels précis : place du lexique et du langage, explicitation des apprentissages, conditions d’accès au raisonnement complexe, différenciation, observation et évaluation. Elles incluent également le travail en équipe, la co-intervention et la relation avec les familles.
Tous les professeurs de classes dédoublées bénéficient d’au moins une visite par an. Les professeurs des écoles nouvellement nommés sur un poste en classe dédoublée bénéficient d’une à deux visites-conseils au moins, au cours de chacune de leurs deux premières années d’exercice, en articulation avec les temps de formation, précise la circulaire.
Le dispositif de formation
« Dans le cadre d’une mise en œuvre souple adossée à différentes modalités de formation » (résidences pédagogiques, constellations ou animations pédagogiques), chaque professeur des écoles bénéficiera, sur quatre années (2026-2030), d’au minimum :
- 24 heures de formation en mathématiques ;
- 24 heures en français ;
- 24 heures dans d’autres champs disciplinaires, interdisciplinaires ou transversaux, intégrant la formation à l’EVAR.
A ce temps de formation peuvent s’ajouter, de manière complémentaire, aux 18 heures annuelles d’animation pédagogique des temps en classe (visites croisées, observations de classes…) et des temps de formation remplacés. Pour les résidences et les constellations, la circulaire préconise un volume de 30 heures. Un vade-mecum destiné aux formateurs donnera des repères pour faciliter la mise en œuvre des différentes modalités de formation envisagées, complète le ministère de l’Éducation nationale.
