Emmanuel Macron, qui avait fait du handicap une priorité de son premier quinquennat, présidera vendredi 4 septembre 2026 à Bobigny la 7e Conférence nationale du handicap (CNH), dont l’objectif est de fixer le cap des politiques publiques dans ce domaine. L’édition 2026 « ouvre une nouvelle étape, celle d’une société pleinement accessible », assure l’Élysée.
Mais la portée de l’événement, organisé tous les trois ans, pourrait toutefois être limitée, à quelques mois de la présidentielle. « En dix ans, certains sujets ont progressé, mais la vie des personnes handicapées n’est pas fondamentalement meilleure », estime auprès de l’AFP Arnaud de Broca, président du collectif Handicaps, qui regroupe une cinquantaine d’associations.
Le point sur les grands dossiers.
Des aides améliorées
Plusieurs prestations sociales ont été réformées pour soutenir l’indépendance des personnes handicapées. Le gouvernement a revu le mode de calcul de l’allocation adulte handicapé : les revenus du conjoint ne sont plus comptabilisés depuis octobre 2023, demande de longue date des associations. Avant cela, le gouvernement a élargi les critères d’obtention de la prestation de compensation du handicap (PCH) et mis en place l’octroi de droits à vie pour ceux dont le handicap est irréversible.
Autre mesure phare : la mise en place en décembre 2025 du remboursement intégral des fauteuils roulants.
École inclusive : un bilan contrasté
Sous Emmanuel Macron, le nombre d’enfants handicapés scolarisés en milieu ordinaire a fortement augmenté, de 320 000 en 2017 à près de 500 000 en 2024, un mouvement toutefois enclenché dès 2006. Pour les aider, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ont vu leur nombre progresser, jusqu’à 135 000 en 2024, selon le service statistiques du ministère de l’Éducation nationale. Cette profession est néanmoins marquée par une forte précarité, souligne un récent rapport sénatorial, qui remet en question ce modèle.
Et malgré les avancées, des associations dénoncent des accompagnements incomplets, des scolarisations à temps partiel, des enseignants non formés… Ainsi que des milliers d’enfants handicapés sans solution à chaque rentrée.
Emploi : une amélioration très progressive
Des mesures d’aide à l’apprentissage et à l’embauche des personnes handicapées ont contribué à soutenir leur emploi.
Le taux de chômage des personnes handicapées atteint environ 12 % en 2024 contre 19 % en 2017, ce qui reste toutefois cinq points de plus que pour l’ensemble de la population, selon l’association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph).
Dans un rapport publié début 2026, la Cour des comptes jugeait insuffisante la politique en faveur de l’emploi des personnes handicapées, pointant notamment des « mesures disparates » et une « absence de vision ». Selon l’Élysée, un des engagements attendu vendredi 4 septembre est de permettre de choisir son emploi et de développer ses compétences professionnelles.
Médico-social : un chantier démarré
Des enfants sur liste d’attente pour intégrer des établissements du secteur sanitaire et médico-social, car les majeurs ne les quittent pas, faute de place ailleurs, des personnes qui se rendent en Belgique pour trouver une place en établissement, en l’absence de solution proche de leur famille… Lors de la dernière CNH, le gouvernement a annoncé la création de 50 000 solutions d’ici 2030 pour des enfants et des adultes sans réponse adaptée à leurs besoins (nouvelles places, soutien à domicile, etc.).
En janvier 2026, environ 17 000 solutions étaient déjà opérationnelles, selon le gouvernement. « 50 000 solutions c’est très loin de l’ensemble des besoins et on avance lentement », regrette Luc Gateau, président de l’Unapei.
Accessibilité : peu d’avancées
Transports, loisirs, logement… L’exécutif a maintes fois promis d’accélérer sur l’accessibilité. Il a notamment lancé en 2023 un fonds doté de 1,5 milliard d’euros pour rénover les lieux publics. Selon les derniers chiffres officiels, 900 000 établissements recevant du public (mairies, préfectures…) étaient conformes, sur près de deux millions.
Au quotidien, les difficultés subsistent. « C’est une grosse déception », estime Farbod Khansari d’APF France Handicap, pointant le manque d’ambition et d’accompagnement politique en matière d’accessibilité.
En ce qui concerne le numérique, l’accès aux services publics en ligne reste très insuffisant, selon la Cour des comptes. En janvier 2026, 7 % seulement des 250 principales démarches publiques en ligne sont accessibles.
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