Coronavirus : les transports s’adaptent pour les personnels soignants

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Gratuité, dessertes sauvegardées et navettes dédiées : les transports publics s’adaptent aux besoins des personnels soignants, qui ont plus que jamais besoin de se déplacer pour combattre le Covid-19.

La SNCF a annoncé lundi 23 mars 2020 que les personnels médicaux et paramédicaux – médecins, infirmiers et aide-soignants – répondant aux appels de solidarité pour venir renforcer les hôpitaux pourraient prendre les TGV et Intercités sans payer.
 
« S’ils ont le justificatif de leur direction, ils peuvent voyager dans toute la France pour aller renforcer un service », a indiqué lundi 23 mars à l’AFP le directeur de SNCF Voyages, Alain Krakovitch.
 
« C’est une démarche qu’on a élargie à toute la France » à la suite des appels lancés aux professionnels médicaux par les Hôpitaux de Paris et l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, a-t-il ajouté.
 
Cette mesure concerne les TGV – inOui et Ouigo – et les Intercités, mais pas les TER ni les trains de la banlieue parisienne, qui dépendent eux des régions.
 
Le Grand Est et les Hauts-de-France ont déjà annoncé la gratuité de leurs réseaux de transports (TER et autocars interurbains) pour les soignants. La Bretagne devait faire de même lundi 23 mars.
 
La Normandie va plus loin, puisqu’elle offre « la gratuité des transports ferroviaires et routiers dont elle a la charge pour les soignants, les personnels de santé plus largement, les pompiers, les policiers, mais aussi toute personne donnant un justificatif de son employeur qui travaille pendant la crise, notamment les caissières des supermarchés », selon une porte-parole de l’exécutif régional.
 
Ces mesures sont prises alors que l’offre de transport a été drastiquement réduite ces derniers jours, la population étant priée de rester chez elle.
 
La SNCF faisait ainsi circuler lundi 15 % des TGV et Intercités, 25 % des TER – 20 % de trains et 5 % de cars de substitution – et 30 % des trains de banlieue en Île-de-France. 
 

Desserte des hôpitaux

Avec aussi quelques adaptations : des bus ont ainsi été mis en place pour remplacer les premiers trains de la ligne P qui ont été supprimés, dans la banlieue est de Paris.
 
« Les associations d’usagers nous ont signalé que ces premiers départs étaient empruntés par le personnel médical », a précisé un porte-parole de la SNCF.  
 
Au niveau local, les réseaux urbains ont aussi sérieusement réduit la cadence : adoption pour toute la semaine du service des vacances scolaires, du samedi ou du dimanche, fin du service plus tôt en soirée, suppression de lignes…  
 
Les opérateurs, habitués à échafauder des plans de transport privilégiant la desserte des établissements scolaires pendant les grèves, se sont adaptés au coronavirus. Priorité désormais aux hôpitaux.
 
Dans la région parisienne par exemple, Île-de-France Mobilités et la RATP ont mis en place des navettes de bus gratuites réservées aux personnels de santé pour relier de grands pôles de transport aux centres hospitaliers. 
 
À Annecy, où les lignes urbaines fonctionnent en mode « samedis, vacances et été réduits » jusqu’à 21 h, des bus supplémentaires réservés aux soignants vont quitter l’hôpital le soir, avec un « itinéraire adapté pour les rapprocher de leur domicile ».
 
À Nice enfin, toutes les lignes de bus vont été supprimées à partir de mercredi 25 mars 2020 sauf celles « desservant des établissements de santé, qui circuleront uniquement aux prises et fin de service des personnels hospitaliers ». Des services de transport à la demande vont en outre être mis en place en accord avec le CHU, selon la métropole.  
 
Toulouse, Valenciennes ou Cholet ont rendu leurs transports publics gratuits pour tous pendant la période du confinement, tandis que les abonnements seront remboursés à Lyon.
 
« De fait, il n’y a plus de contrôles », glisse un professionnel.

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