Les coûts des transports publics « mal perçus » par les Français

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Les coûts des transports publics sont « mal perçus » par les Français, qui sont de plus en plus favorables à la gratuité, a estimé mardi 27 novembre l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), l’organisation professionnelle du secteur.

L’augmentation du prix des transports publics reste « bien en deçà de celle des autres services publics, mais aussi du niveau de l’inflation », alors que les dépenses automobiles ont augmenté plus que l’inflation l’an dernier, selon l’Observatoire de la mobilité 2018 publié mardi par l’UTP.

Cette réalité est ignorée par plus de 60 % des français, qui pensent que le prix des transports publics progresse autant ou plus que celui des déplacements en voiture, selon cette enquête réalisée en septembre par l’Ifop auprès de 1 501 Français vivant dans des agglomérations de plus de 50 000 habitants.

« Aujourd’hui, les utilisateurs payent 15 % du coût du transport public, ce qui est extrêmement faible », a souligné Jérôme Benoît, responsable de l’enquête à l’Ifop, rappelant que depuis 2009, l’employeur rembourse 50 % des titres de transport. Seules 40 % des personnes interrogées en sont conscientes, a-t-il relevé.

Une fois la part employeur déduite, 68 % des utilisateurs des transports publics dépensent moins de 40 euros par mois. En comparaison, le budget annuel d’une voiture standard étant de 6 063 euros en 2017, l’augmentation des prix des carburants étant supérieure à 10 %.

L’UTP a également rappelé mardi son opposition à la gratuité des transports publics, la qualifiant « d’illusion », « coûteuse pour la collectivité », et soulignant que les réseaux gratuits sont moins étoffés et moins empruntés que les payants.

« On ne laisse pas tomber la voiture parce que le transport est devenu gratuit » a estimé Marc Delayer, qui s’occupe de la question à l’UTP : 46 % des voyageurs déclarent utiliser les transports publics pour des raisons de praticité, contre 15 % pour des raisons économiques, selon l’enquête.

« La gratuité n’est pas forcément l’enjeu. L’enjeu aujourd’hui est d’être capable de développer des offres nouvelles qui aillent plus loin en périphérie » a ajouté Jérôme Benoît, rappelant que 27 % des Français n’ont pas accès à un réseau de transport public.

Le nombre de Français se déclarant favorables à la gratuité des transports a progressé de 9 points en un an à 38 %, selon l’observatoire des mobilités.

Le nombre de réseaux gratuits a nettement progressé ces dernières années, et ils sont désormais 21 sur 250. Après Dunkerque, l’agglomération de Calais a annoncé mardi la mise en place de la gratuité de ses bus à partir de 2020.

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