Plusieurs territoires expérimenteront la « société apprenante »

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Éducation, formation tout au long de la vie, développement professionnel, nouvelles compétences nécessaires aux métiers de demain : un rapport émet trente propositions pour développer une « société apprenante ». Une quinzaine de territoires pilotes expérimenteront des projets innovants.

Pendant trois ans, la métropole de Lyon s’attachera à favoriser les apprentissages pour tous ses habitants et affichera une vision « positive, ambitieuse et inspirante des enjeux éducatifs ». Elle est l’un des premiers territoires engagés dans la construction d’une « société apprenante », prônée par un rapport du directeur du Centre de recherches interdisciplinaire (Cri) François Taddei, remis le 4 avril.

L’idée est de permettre à quiconque de devenir « acteur de changement aussi bien à l’école qu’en dehors ». Objectifs : mettre en valeur et en réseau ceux qui adoptent des pratiques pédagogiques innovantes, orientées vers l’apprentissage de la créativité, afin d’assurer l’inclusion sociale, l’insertion professionnelle, la mise à jour des connaissances et le développement des intelligences individuelles et collectives.

Pour cela, le rapport préconise de mener des expériences de trois à cinq ans dans une quinzaine de territoires volontaires, sélectionnés au fur et à mesure, dans le but de créer progressivement un « service public de la société apprenante ». Elles pourront concerner les rectorats, les collectivités et les établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche. À partir des projets les mieux évalués sera élaboré un modèle reproductible à différentes échelles sans impact financier important. D’autres voies devraient être explorées pour conduire à une « société apprenante » : orienter les élèves vers les études supérieures, assurer la formation initiale et continue des enseignants, promouvoir l’excellence de la voie professionnelle et développer les usages du numérique.

Ces projets seront particulièrement encouragés dans le cadre de l’action Territoires d’innovation pédagogique du programme d’investissements d’avenir (PIA 3), selon la convention passée le 29 décembre 2017 entre l’État et la Caisse des dépôts, ou suivant les nouvelles possibilités ouvertes par le plan d’investissement compétences (Pic). Des projets qui relèvent d’une démarche expérimentale, soutenant des initiatives d’éducation portées par différents partenaires réunis en consortiums : écoles, établissements publics locaux d’enseignement, acteurs périscolaires, établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche, écoles supérieures du professorat et de l’éducation, associations, collectivités, entreprises…

Cette nouvelle société doit permettre à tous d’intensifier la recherche, faciliter l’accès à la formation, aux expériences et aux résultats, et impliquer le plus grand nombre dans la conduite de projets innovants. Ces démarches visent, à terme, à faire évoluer les systèmes d’éducation et de formation afin de pallier les inégalités d’accès à la connaissance et à la formation et d’anticiper les mutations sociales. Ils pourront ainsi faire face aux nouveaux défis comme le développement durable ou l’intelligence artificielle. La mission Taddei s’est également appuyée sur les récents travaux de Cédric Villani sur l’intelligence artificielle.

Marie Gasnier

5 axes, 30 mesures opérationnelles

Exemples :

  • Ouvrir des tiers-lieux physiques et numériques pour faciliter l’échange de connaissances ;
  • Créer un numéro et un carnet pour faciliter la formation, l’orientation et l’insertion tout au long de la vie ;
  • Développer une recherche interdisciplinaire, internationale et participative sur les nouvelles manières d’apprendre ;
  • Créer des « labs des métiers de demain » ouverts à tous et former les formateurs ;
  • Bâtir un « campus numérique » fédérant les apports de chaque université et travailler en synergie avec les futures universités européennes.

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