Politique de la ville : une collectivité de Seine-Saint-Denis entame un « bras de fer » avec l’État

Administration

Est Ensemble, qui regroupe neuf communes de Seine-Saint-Denis, a engagé mardi 24 septembre 2019 un « bras de fer » avec l’État en refusant de signer un protocole sur la politique de la ville, exigeant plus de moyens pour faire face aux inégalités qui touchent le territoire, a-t-il annoncé à l’AFP.

« Je ne signerai pas en l’état le protocole d’engagement » prévu en novembre avec l’État, explique Gérard Cosme, président PS de l’Établissement public territorial (EPT), qui comprend notamment les villes de Bobigny, Bondy, Montreuil ou Pantin.

Ce protocole doit définir les actions que mettront en place d’ici 2022 les collectivités bénéficiant des crédits politique de la ville, notamment en matière d’emploi et d’éducation.

« À moyens constants, je refuse. J’appelle le ministre de la Ville à revoir sa copie », prévient Gérard Cosme.

Cette décision, annoncée mardi soir en conseil de territoire, intervient après un rapport de l’EPT sur la politique de la ville dans son territoire, qui compte 152 000 habitants – 38 % de sa population – en quartiers prioritaires (QPV).

Parmi les constats dressés : un « creusement des inégalités entre Est Ensemble et le reste de la métropole du Grand Paris ». L’écart entre le revenu médian mensuel des quartiers prioritaires d’Est Ensemble et le reste de la métropole s’est par exemple accru « d’un tiers » entre 2000 et 2014.

« Les analyses et conclusions de ce rapport convergent » avec celles d’un rapport parlementaire de mai 2018 sur l’action de l’État en Seine-Saint-Denis, ajoute Est Ensemble.

Intitulé la « République en échec », ce rapport des députés François Cornut-Gentille (LR) et Rodrigue Kokouendo (LREM) avait montré que dans le département le plus pauvre de France, enseignants, magistrats et policiers sont moins nombreux et moins expérimentés qu’ailleurs.

Sa publication avait suscité de nombreuses réactions politiques, et d’autres élus du territoire se sont depuis mobilisés pour dénoncer ces inégalités. Début septembre, cinq maires de Seine-Saint-Denis ont ainsi annoncé leur intention de déposer un recours contre l’État pour « rupture d’égalité ».

Pressé d’agir après sa publication, le Premier ministre Édouard Philippe avait promis d’« adapter l’action » de l’État aux enjeux du département.

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