Intégrer le livre et le cinéma dans les politiques économiques régionales

Communication

Il faudrait intégrer davantage le livre et le cinéma dans les stratégies régionales de développement économique, selon l’Inspection générale des finances. À l’occasion de la fusion des régions, les documents régionaux de planification économique pourraient notamment intégrer les industries culturelles.

Avec les nouvelles régions, les priorités et les atouts régionaux pour le soutien à l’économie du livre et du cinéma pourraient être reconsidérés : action culturelle complétée par une intervention économique afin de favoriser la croissance et l’innovation, spécialisation des interventions par sites, renforcement de la formation des professionnels… Dans un rapport publié en avril, l’Inspection générale des finances analyse la répartition des aides que les régions reçoivent de l’État ainsi que la cohérence des interventions, que ce soit entre l’État et les collectivités ou entre les administrations centrales et les établissements publics nationaux. Une répartition souvent peu claire pour les usagers.

Dynamiques dans les filières du livre ou de la production audiovisuelle et cinématographique, les régions ne disposent pas pour autant de stratégie territoriale formalisée pour les industries culturelles. Leur engagement financier, variable, dicte la diversité des champs couverts et le type d’aides : de 100 000 euros à 14 millions d’euros pour le cinéma et l’audiovisuel et de 111 000 euros à 4,4 millions d’euros pour le livre*.

La mission préconise notamment d’intégrer les industries culturelles, en particulier les filières du livre et du cinéma, aux documents de planification économique : contrat de plan État-région pour mobiliser les fonds structurels européens, schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII). Les collectivités pourraient aussi exonérer de contribution économique territoriale (CET) les librairies indépendantes labellisées et les salles de cinéma.

La mission propose également de rappeler aux collectivités qu’elles peuvent recourir à des marchés négociés, sans publicité ni mise en concurrence préalables, pour l’achat de livres – autres que scolaires – d’un montant inférieur à 90 000 euros hors taxes. Ou encore de les sensibiliser sur les conséquences de leur politique d’achat de manuels scolaires sur la santé économique des librairies : dotation des familles (chèques-livres)…

 

Marie Gasnier

 

Source : Évaluation de politique publique. Le soutien à l’économie du livre et du cinéma en régions, IGF, IGAC, février 2017

 

Des budgets culturels inégaux

* En matière audiovisuelle, l’intervention des neuf régions qui consacrent moins d’un million d’euros est essentiellement artistique, créative (soutien à l’émergence de nouveau talents, notamment locaux) et éducative. Huit régions ont des budgets compris entre un et deux millions d’euros. Elles visent surtout l’attractivité du territoire, avec les longs-métrages et la production audiovisuelle ; celles qui ont spécialisé leur fonds (sur un genre…) ont d’ailleurs su implanter de nouvelles entreprises. Les neuf régions dont le fonds d’aide à la production dépasse deux millions d’euros par an ont le plus contribué aux créations d’emplois dans la filière depuis dix ans. Certaines ont une place historique dans l’aide régionale à la production de longs-métrages et de programmes audiovisuels : Rhône-Alpes, Bretagne, Nord-Pas-de-Calais, Aquitaine et Centre.

* Pour le livre, les quatre régions aux budgets les plus importants sont depuis toujours les plus actives, avec des dispositifs dédiés aux auteurs, éditeurs, libraires et manifestations. En revanche, neuf régions ont une politique peu ambitieuse et ont consacré au livre autour de 500 000 euros en 2015.

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