L’économie collaborative, enjeu d’avenir pour les villes moyennes

Communication

Les villes moyennes doivent maintenir leur population et attirer des  habitants plus jeunes en  modernisant leur  image. Adaptée à leur  écosystème, et non calquée sur  le modèle de smart city des métropoles, l’économie collaborative peut être un  atout. OuiShare et  Chronos ont publié un  référentiel pour  aider les  collectivités dans  cette  démarche.

Réseaux de consommation en circuits courts, covoiturage domicile-travail, réseaux de voisinage, coworking et « fab labs », plateformes de financement participatif, gouvernance locale partagée avec les citoyens… En développant l’économie collaborative, les villes moyennes pourraient renforcer leur attractivité et leur dynamisme. En effet, ces aires urbaines de 20 000 à 100 000 habitants, autrefois essentielles sur les plans économique et social, subissent aujourd’hui la concurrence des métropoles. Souvent frappées par le chômage, elles voient leur population vieillir et leurs centres-villes se désertifier au profit des grands centres commerciaux de périphérie. OuiShare et le cabinet Chronos ont étudié huit villes européennes dont quatre en France (Épinal, Lorient, Mont-de-Marsan, Narbonne) qui se sont lancées dans des projets collaboratifs. Ils en ont tiré un référentiel, décliné en douze fiches actions pour inspirer les collectivités qui veulent promouvoir les pratiques collaboratives à l’échelle locale.

Elles peuvent ainsi s’émanciper, renforcer leur développement économique et disposer d’un atout de marketing territorial. L’étude précise que les villes moyennes semblent « le bon échelon pour implanter les pratiques collaboratives ». En effet, elles offrent « une masse critique suffisante d’utilisateurs » pour les services collaboratifs, contrairement aux zones rurales, ainsi qu’une proximité nécessaire entre des intervenants qui se connaissent, ce qui n’est pas le cas dans les métropoles. Mais attention, il ne s’agit pas de calquer les écosystèmes d’innovation des smart cities métropolitaines, centrés sur la technologie, pour les implanter dans les villes moyennes. Il faut, au contraire, créer un modèle de ville moyenne à taille humaine.

Les auteurs recensent de multiples exemples d’actions locales reproductibles, menées par les communes qu’ils ont étudiées, et émettent huit recommandations. Il convient notamment de maintenir l’équilibre entre le volume d’activité (plus important que dans les zones rurales) et la proximité (plus grande que dans les métropoles) qui sont nécessaires au développement des pratiques collaboratives. Il faut aussi s’appuyer sur les pôles universitaires comme relais, sensibiliser des élus aux pratiques collaboratives ou encore associer les habitants à la revitalisation des centres-villes ou des quartiers en difficulté, pour « créer un sentiment de proximité, d’appartenance et de fierté ».

Une stratégie de coopération régionale est préférable au marketing territorial, pour sortir de la compétition entre territoires et développer des pratiques collaboratives au service des habitants. Les auteurs préconisent aussi d’engager des  « connecteurs de centres-villes » pour redynamiser les centres et fluidifier les relations entre collectivités, intervenants économiques et habitants. Enfin, créer des tiers-lieux (coworking…) permet d’attirer de nouveaux entrepreneurs et de  diversifier le tissu économique local.

Les villes peuvent concentrer leurs expérimentations innovantes sur une place ou une rue pilote  : les  utilisateurs testeront plus facilement les pratiques et la  collectivité communiquera plus aisément, aussi bien sur les  succès que sur  les  échecs. Dès l’automne 2018, des  expérimentations ciblées mettront en  application les enseignements de  l’étude Sharitories dans une ou  plusieurs villes moyennes.

Marie Gasnier

 

Près d’un Français sur cinq habite dans l’une des 133 aires urbaines moyennes.

Posté le par Marie Gasnier

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