Ressourcer les territoires grâce aux nouveaux modes de travail

Administration

Les télé-activités offrent aux collectivités l’opportunité de réduire les « déplacements pendulaires » et de réaliser des économies. Mais cela suppose que leur mode de fonctionnement évolue largement.

La réduction des « déplacements pendulaires » pourrait devenir un puissant levier pour ressourcer les territoires, explique France Stratégie dans un rapport sur le télétravail dans la fonction publique* paru en juillet dernier. Mais pour cela, il faudrait une profonde transformation des entreprises publiques : utilisation du numérique comme levier du changement managérial et nouvelle organisation humaine et spatiale, adaptée aux nouvelles façons de travailler.

Ainsi, des environnements mobiles d’activité pourraient en partie remplacer les postes de travail fixes. Pour cela, il convient de proposer aux agents des réseaux sociaux d’entreprise, des plateformes collaboratives, des logiciels de discussion instantanée et une connectivité à très haut débit permanente. Smartphones et tablettes favorisent l’autonomie, le management par tâches et la gestion à distance des activités et du reporting. Ils peuvent être utilisés par les agents techniques de nombreux secteurs : voirie, stationnement, collecte des déchets… Ces nouveaux modes de travail peuvent apporter davantage d’efficacité au quotidien, être sources d’économies et améliorer la qualité de vie des collaborateurs. Confrontées à la nécessité de réduire les dépenses publiques, les collectivités doivent repenser le modèle d’exploitation et de gestion de leurs activités, poursuit France Stratégie : optimisation du parc immobilier, dématérialisation des procédures, réduction des déplacements, adoption de nouveaux process de production et de distribution de services (open data, réseaux sociaux)…

Toutefois, les organisations territoriales, toujours très centralisées, fonctionnent encore sur une hiérarchie pyramidale. Elles devraient donc adopter des méthodes de management plus transversales, pour renforcer l’autonomie des agents en leur déléguant davantage et en favorisant un management par groupe d’activités.

Le rapport préconise également que les collectivités mesurent les bénéfices potentiels des télé-activités pour elles et sur leur territoire, au-delà des gains financiers : tonnes équivalent pétrole, nombre d’heures économisées, kilomètres de bouchons évités, économies pour les salariés, heures de sommeil gagnées ou encore accidents de travail évités.

Organiser un maillage de réseaux de tiers-lieux à la périphérie des grandes agglomérations (de préférence à l’échelle des pôles métropolitains, plus pertinents, pour accueillir les télétravailleurs permettrait de limiter les déplacements pendulaires des actifs et contribuer aux politiques de mobilité et de gestion des temps. Attention, toutefois, à ne pas établir uniquement des liens virtuels : la proximité physique régulière est indispensable pour la socialisation, l’échange et la créativité, à condition que ces espaces soient pensés dans cette perspective.

Développer les téléactivités favorise aussi la protection de l’environnement, en particulier la réduction de la pollution atmosphérique.

 

Marie Gasnier

Source : Déplacements pendulaires, télétravail et tiers lieux d’activité : un enjeu et un outil stratégique pour ressourcer les territoires, améliorer la qualité de la vie et la productivité, 2e contribution Note Territoires, Marcel Lepetit & Alain Maurice

Posté le par Marie Gasnier

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