Le covoiturage de courte distance peine à décoller

Développement durable

L’Ademe a étudié le fonctionnement des aires de covoiturage. Le covoiturage domicile-travail est davantage prisé lorsque les trajets sont longs car il engendre alors de réelles économies.

Contrairement au covoiturage de longue distance, dont les adeptes se multiplient, le covoiturage de proximité se développe peu, alors que la quasi-totalité des trajets en voiture (98 % en volume) sont locaux : travail, études, courses, démarches administratives, loisirs… Une situation qui a peu changé depuis les études précédentes, explique l’Ademe qui a enquêté auprès de plus de cinq cents utilisateurs d’aires de covoiturage, en partenariat avec la communauté d’agglomération Porte de l’Isère, la communauté urbaine de Dunkerque-Grand Littoral et quatre départements : Bas-Rhin, Charente-Maritime, Loire-Atlantique, Pyrénées-Atlantiques.

Les déplacements de covoiturage domicile-travail et domicile-étude sont majoritaires. Ils sont cités par 81 % des répondants, dont plus de neuf sur dix (93 %) partagent le véhicule d’un collègue de travail ou d’étude, tandis que les autres travaillent dans la même ville ou dans la même zone d’activité. Il est très rare que la mise en relation se fasse par le biais d’une plateforme de covoiturage (seulement 3 %) ou que les « équipages » se constituent entre amis ou membres d’une famille.

Les adeptes effectuent en moyenne 3,5 déplacements en covoiturage par semaine, en dehors des périodes de congés ; huit sur dix covoiturent pratiquement chaque jour. Pour accéder à l’aire de covoiturage, 85 % des personnes sont seules dans leur voiture. Parmi les autres, presque toutes arrivent en covoiturage ; l’accès à l’aire par  un autre mode de transport (vélo, moto, marche…) est très rare. Personne n’a indiqué avoir utilisé les transports en commun.

Passer par une aire de covoiturage allonge le parcours en moyenne de moins de 2 km et de 3 minutes, voire un peu plus en comptant l’attente. Les trajets parcourus font en moyenne 55 km (110 km aller-retour), soit 12 km pour accéder à l’aire puis 43 km en covoiturage. Les personnes qui font de longs trajets sont davantage incitées à pratiquer le covoiturage, les économies qu’elles réalisent étant alors plus élevées.

Si elles ne pouvaient plus covoiturer, neuf personnes sur dix utiliseraient leur voiture seules. Et seulement trois sur cent prendraient les transports en commun.

 

Marie Gasnier

 

Source : Étude nationale sur le covoiturage de courte distance, INDDIGO, Ademe, septembre 2015

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