Déchets ménagers en Île-de-France : l’Agence de gestion « en sous capacité de traitement »

Développement durable

L’Agence métropolitaine des déchets ménagers (ex-Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de l’agglomération parisienne ou Syctom) est « en sous-capacité de traitement » et « cette situation devrait s’aggraver d’ici 2025 », selon un rapport de la Chambre régionale des comptes d’Île-de-France.

Le Syctom est le plus important syndicat de traitement des  déchets ménagers d’Europe, avec une population couverte de 5,7 millions d’habitants en Île-de-France, répartie sur 84 communes. Il est devenu Agence métropolitaine depuis la création de la Métropole du Grand Paris le 1er janvier 2016.

En 2014, il assurait le traitement de 2,3 millions de tonnes de déchets : 76 % par incinération, 19 % par tri et 5 % par mise en décharge.

Le plan régional d’élimination des déchets de 2009 a fixé un plafond de 4,3 millions de tonnes par an pour l’incinération de déchets en Île-de-France jusqu’en 2019. Dans cette optique, le Syctom a « cherché à diversifier ses modes de traitement, en optant pour l’augmentation de ses capacités de traitement après collectes sélectives et la méthanisation comme alternatives à l’incinération ».

La capacité de l’usine d’incinération d’Issy-les-Moulineaux est ainsi passée de 540 000 tonnes en 2007 à 460 000 tonnes actuellement.

Mais « les opérations de construction d’unités de méthanisation n’ont pu aboutir en raison de l’hostilité des riverains et plusieurs projets » ont été abandonnés ou sont « compromis ».

De plus, malgré un budget moyen de 24,9 millions d’euros par an entre 2009 et 2015 consacré au développement de la collecte sélective des déchets, les objectifs régionaux fixés en 2009 ne sont pas atteints, « les Franciliens y étant peu sensibles » : la collecte sélective s’élève en moyenne à 30 kg par an et par habitant en 2014, pour un objectif de 50 kg, et celle du verre à 20 kg par an et par habitant, contre un objectif de 30,3 kg. Et « aucun progrès n’est constaté sur ce plan depuis 2005 ».

En 2015, « l’insuffisance de capacité s’établit à 417 000 tonnes, ce qui représente 18 % des besoins du syndicat. Elle est comblée pour moitié par recours à l’externalisation, dans le cadre de marchés publics et, pour l’autre moitié, par la mise en décharge ».

Cette situation de sous-capacité de traitement « devrait s’aggraver à l’échéance 2025 », car le Syctom a déjà réduit de 330 000 tonnes sa capacité d’incinération sur la future usine d’Ivry, c’est à dire de moitié. Et « la contrainte renforcée des objectifs inscrits dans la loi sur la transition énergétique empêchera le recours au stockage par enfouissement des déchets », note la CRC.

 
Source : Agence métropolitaine des déchets ménagers (Syctom), Chambre régionale des comptes (CRC) d’Île-de-France, septembre 2016

 

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