Écoles construites sur sites pollués : que faire ?

Développement durable

Remplacement de la terre, ventilation, vide sanitaire, étanchéité… : lorsqu’un diagnostic révèle une pollution, potentielle ou avérée, sur le sol d’un établissement scolaire, il faut entreprendre certains travaux.

Certaines écoles sont édifiées sur des sites où étaient auparavant installés des usines ou des ateliers (imprimerie, traitement de produits chimiques, pressing…), ou qui ont fait l’objet d’épandage agricole, ou encore qui ont reçu des retombées de dioxyne. Ces activités polluantes peuvent avoir contaminé le sol, et les enfants risquent alors d’avaler de la terre contaminée en jouant. Ils peuvent aussi, comme le personnel de l’établissement, inhaler des vapeurs et des poussières nocives émanant des sols ou consommer de l’eau du robinet polluée. Afin d’identifier les établissements concernés, le ministère de l’Écologie établit un diagnostic environnemental et les classe en trois catégories. Étant donnée l’origine industrielle de la pollution, ce sont généralement les textes sur les installations classées qui s’appliquent.

À l’issue du diagnostic, si nécessaire (catégorie C), des opérations de dépollution des sols sont entreprises. Une évaluation chiffrée permet de déterminer si les risques liés aux pollutions résiduelles sont acceptables ; dans ce cas, il faut élaborer un plan de surveillance. Lorsque les aménagements ou usages existants ne suffisent pas pour protéger la santé, des mesures techniques ou sanitaires complémentaires doivent être adoptées : recouvrir les terres polluées ou les remplacer par de la terre saine ; créer un vide sanitaire pour contenir les vapeurs toxiques ; aérer régulièrement ou ventiler en permanence les locaux, les vides sanitaires et les sous-sols ; rénover les planchers des bâtiments ; étanchéifier le sol par une dalle de béton ; pomper l’air sous la dalle pour qu’il ne remonte pas dans bâtiments…

Conserver la mémoire

Si les aménagements existants protègent déjà les locaux contre une pollution avérée ou potentielle (catégorie B), il convient d’adopter certaines de ces mesures, mais aussi de rappeler des précautions d’usage au quotidien. Les maîtres d’ouvrage doivent également maintenir bâtiments et installations en bon état, et prendre des précautions particulières avant toute modification d’usage ou travaux. Il est recommandé de s’adresser à des prestataires spécialisés, qui possèdent la certification du Laboratoire national d’essais (LNE) concernant les sites et sols, adossée aux normes NF X 31-620.

En tout état de cause, chaque établissement doit conserver la mémoire du passé industriel du site. En outre, pour sécuriser les futurs changements d’usage éventuels ou en cas de travaux de réaménagement, le maître d’ouvrage devra réévaluer la situation en fonction des résultats des diagnostics réalisés.

 

Marie Gasnier

 

Création ou extension de locaux

Il faut éviter de construire des établissements scolaires sur les sites pollués. Si c’est impossible, il faut le prouver, par un bilan qui montre les avantages et inconvénients des différentes localisations envisagées.

Des mesures appropriées doivent alors couper définitivement toute exposition des jeunes aux pollutions des sols, même si une évaluation quantitative des risques sanitaires démontre que certains risques sanitaires résiduels sont acceptables.

Les centres ou lieux sportifs, dans lesquels les élèves se rendent seulement quelques heures par semaine, ne sont pas concernés.

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