Écoles : qualité de l’air « satisfaisante » malgré des points d’inquiétude

Développement durable

Particules fines et résidus chimiques dans l’air, plomb dans les peintures : les écoles ne sont pas plus polluées que les logements mais certaines substances doivent faire l’objet d’une « vigilance » particulière, selon une étude publiée en juin 2018.

Après le logement, l’école est le deuxième lieu le plus fréquenté par les enfants, plus sensibles aux pollutions de l’environnement en raison de leur système immunitaire et respiratoire en développement.

Une bonne qualité de l’air dans les établissements scolaires est donc « primordiale », insiste l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) qui a présenté lundi 25 juin les résultats d’une campagne de mesures réalisée de 2013 à 2017.

« Il y a un lien entre la qualité des environnements et la santé, le bien-être et l’apprentissage » des enfants, a commenté Claire Dassonville, coordinatrice de cette campagne pour le Conseil scientifique et technique des bâtiments.

Les prélèvements de divers polluants réalisés dans 301 écoles primaires et maternelles de 31 départements « montrent que la qualité de l’air dans les écoles françaises est globalement satisfaisante ». Et les « valeurs limites nécessitant des investigations complémentaires et des travaux ne sont jamais dépassées, sauf pour le plomb », selon l’OQAI.

Malgré tout, quatre « points de vigilance » ont été identifiés : particules fines, composés organiques semi-volatiles (COSV), confinement, et plomb dans les peintures.

Ainsi, dans 93 % des salles de classe, la concentration en particules fines PM2,5 (diamètre inférieur à 2,5 microns) venant de l’air extérieur pollué notamment par le trafic routier, dépasse la valeur guide de 10 microgrammes/m3 proposée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Certains COSV, substances chimiques issues du plastique, des ordinateurs ou des textiles d’ameublement, sont présents également dans la quasi totalité des écoles : plusieurs phtalates, le pesticide lindane interdit pour les usages agricoles depuis 998, ou encore des hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Plus de 40 % des écoles ont aussi au moins une salle de classe très confinée (mesure réalisée par la concentration de CO2), alors que l’aération permettrait d’évacuer plus rapidement certaines pollutions. Et trois-quarts des établissements n’ont pas de système spécifique de ventilation.

Priorité : aérer

Cette campagne a d’autre part mesuré des substances présentes dans les poussières.

La quasi totalité des prélèvements par lingettes humides ont ainsi détecté du plomb, et 2,4 % des écoles dépassent le seuil de 70 microgrammes/m2 déclenchant une enquête du saturnisme infantile.

Mais c’est surtout la persistance de la peinture au plomb qui est mise en avant. Ainsi, dans 10 % des établissements, la concentration de cette substance dans des peintures dégradées, aux écailles facilement ingérables, dépasse le seuil réglementaire de 1mg/cm2.

Malgré ces points d’inquiétude, le rapport note que les enfants ne sont pas nécessairement moins bien lotis à l’école que chez eux.

Ainsi, la comparaison avec de précédentes études montre des niveaux similaires entre logements et écoles pour le plomb dans la poussière, les particules fines ou encore le formaldéhyde, composé organique volatil (COV) issu du mobilier. Et ils sont meilleurs dans les écoles que dans les logements pour d’autres COV comme le toluène et pour les moisissures.

Ce qui n’empêche pas d’essayer d’améliorer la qualité de l’air respiré par les écoliers.

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a ainsi publié des recommandations pour « agir à la source » des pollutions dans les établissements scolaires.

Si certaines proviennent de l’extérieur, d’autres peuvent ainsi être limitées au moment du choix des matériaux de construction (peintures, vernis…), du mobilier (bois labellisé…), des prestations de nettoyage (produits d’entretien) ou encore des fournitures scolaires (peintures, tampons encreurs…), explique-t-elle dans des fiches pratiques.

Comme pour n’importe quel bâtiment, l’Agence rappelle également une priorité : « aérer, ventiler », tout simplement en ouvrant les fenêtres, plutôt le matin et le soir, « même dans les zones de pollution de l’air extérieur ».

L’OQAI doit encore exploiter d’autres données récoltées lors de cette campagne, notamment le confort thermique, le bruit, l’éclairage et l’exposition aux champs magnétiques.

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