Favoriser les déplacements à vélo, comme à Strasbourg

Développement durable

Épargnée par le fléau des accidents de deux-roues, la capitale alsacienne fait figure d’exception avec une politique très active en faveur du vélo. Entretien avec Jean-Baptiste Gernet, adjoint au maire de Strasbourg, en charge des mobilités alternatives.

En 2017, 173 cyclistes sont morts en France, selon les derniers chiffres publiés par l’Observatoire national interministériel de Sécurité routière (ONISR). Ils étaient 159 en 2014 et 146 en 2013. Quelle est votre analyse ?

Jean-Baptiste Gernet : Ce chiffre est en contradiction avec ce que nous observons dans la métropole strasbourgeoise qui compte 630 km d’aménagements cyclables et où les d’accidents mortels sont extrêmement rares. Les Strasbourgeois ont une culture du vélo.

En France, d’une manière générale, la pratique du vélo augmente, mais les aménagements cyclables ne suivent pas partout. Ce qui peut entraîner une hausse de l’accidentalité. Beaucoup d’accidents ont lieu dans des territoires ruraux ou périurbains, sur des routes départementales sans aménagements cyclables, avec quelques fois une pratique du vélo plus sportive. Les cyclistes sont plus exposés.

Que font la ville de Strasbourg (67) et la métropole pour sécuriser la pratique du vélo ?

J.-B.G.: Réaménager la ville pour le vélo relève d’une politique de long terme. La sécurisation des déplacements cyclistes passe obligatoirement par des aménagements cyclables de qualité. Selon le type de voirie, il faut envisager des pistes cyclables séparées du trafic ou des bandes cyclables. Dans certains cas, le passage en zone 30 ou en zone de rencontre peut être la solution. Mais, surtout, il faut assumer de réduire la place de la voiture, afin que le vélo et le piéton ne soient pas les variables d’ajustement dans un projet d’aménagement.

À Strasbourg, les enfants bénéficient aussi d’une éducation à la sécurité routière

J.-B.G. : Apprendre aux enfants à se déplacer à pied et à vélo dans la ville constitue un enjeu important, car c’est là que se prennent les bonnes habitudes de mobilité. En partenariat avec le rectorat, l’Éducation nationale et la Sécurité routière, nous touchons chaque année 10 000 enfants sur des actions de sensibilisation à la pratique du vélo et aux déplacements à pied dans la ville. Environ 1 000 d’entre eux passent le permis piéton-cycliste. Il ne s’agit pas d’une animation scolaire, mais d’une véritable démarche pédagogique sanctionnée par un examen, avec une formation pratique sur les pistes de la Sécurité routière et une sortie dans la réalité de la ville. Le programme « savoir rouler à vélo », lancé en avril par le gouvernement, est une belle opportunité de généraliser cette démarche expérimentale que nous menons depuis quelques années déjà à Strasbourg.

Dans quelle mesure l’augmentation de la pratique du vélo influe-t-elle sur la baisse des accidents ?

J.-B.G. : C’est une règle générale qui se vérifie partout dans le monde. La hausse de la pratique du vélo entraîne la mise en place d’aménagements qui sécurisent les déplacements à vélos. Les autres usagers s’habituent à leur présence et se montrent plus attentifs. Ce qui entraîne une baisse des accidents.

Propos recueillis par Blandine Klaas

Source : RCL

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