Profiter de la rénovation énergétique pour effectuer des travaux sur le cadre de vie

Développement durable

Lorsqu’elles améliorent les performances énergétiques d’un bâtiment, les communes peuvent en profiter pour opérer une rénovation plus complète, davantage appréciée des habitants.

« L’objet même d’un bâtiment n’est pas de respecter l’environnement, ou de faire des économies d’énergie, mais d’offrir à ses occupants un cadre de vie où ils pourront être heureux », constate Dominique Bidou, président du Centre d’information et de documentation sur le bruit et consultant en développement durable, dans son récent ouvrage « Le développement durable, une affaire d’entrepreneurs »*. Car cela reviendrait un peu à prendre pour objectif d’un projet le fait que la maison tienne debout… Ce qu’il faut ainsi comprendre, c’est que la qualité environnementale, même si elle est un catalyseur de progrès, doit être considérée au même titre que toutes les autres qualités de base des bâtiments.

Dans la même optique, l’auteur estime qu’il conviendrait de profiter des travaux destinés à renforcer les performances énergétiques d’un bâtiment pour procéder à une rénovation d’ensemble. En effet, les habitants sont généralement peu sensibles à ces travaux « techniques », alors qu’ils apprécient ceux destinés à améliorer leur cadre de vie. Or, une réduction par quatre de la consommation d’énergie primaire (« facteur 4 ») oblige à reprendre de nombreuses parties d’un immeuble ; l’occasion, pour les maîtres d’ouvrage, de procéder à une rénovation plus globale. En outre, l’intervention thermique est susceptible de dégrader les qualités acoustiques et l’air intérieur du bâtiment, si ces paramètres ne sont pas intégrés en amont du projet énergétique.

Pour Dominique Bidou, améliorer les performances énergétiques – la rénovation « hard » – suppose même l’adhésion des occupants, ce qui implique de procéder parallèlement à une rénovation « soft », celle des modes de vie. Ce peut être le cas dans les projets de bâtiment intelligent ou de ville intelligente qui intègrent notamment le contrôle de la consommation d’énergie sur internet et les réseaux électriques intelligents (« smart grids »). En effet, la performance énergétique d’un logement dépend en partie de la manière dont il est utilisé.

Les écoquartiers sont, eux aussi, des espaces propices à la recherche collective de solutions, à l’aide d’innovations multiples, voire de dérogations au droit courant.

 

Martine Courgnaud – Del Ry

 

* Source : « Le développement durable, une affaire d’entrepreneurs », Éditions PC, décembre 2015

 

Dominique Bidou est l’auteur, depuis plusieurs années, d’un blog passionnant sur le développement durable qui a largement permis d’alimenter son ouvrage : www.db-dd.org.

Posté le par Martine Courgnaud - Del Ry

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