« Un gros travail à faire » pour développer le chauffage urbain, estiment les professionnels

Développement durable

Pour exploiter le potentiel des réseaux de chaleur et rattraper leur retard sur les objectifs en matière de renouvelable, il faudra décarboner et densifier les réseaux existants, en créer de nouveaux et surtout sensibiliser le public, affirment les représentants du secteur.

Sur les 671 térawatt-heures de chaleur produite en 2020 en France, seuls 25 le sont par des réseaux de chaleur, systèmes de production centralisée qui desservent plusieurs usagers grâce à des fluides caloporteurs, selon une étude du Syndicat National du Chauffage Urbain (SNCU).

Cette part « stagne » alors que ce mode de chauffage est à plus de 60 % produit à partir d’énergies renouvelables contre 23 % pour l’ensemble, ont indiqué les représentants du secteur lors de la présentation de l’étude mardi 9 novembre 2021.

« Il y a un gros travail à faire », a déclaré Aurélie Lehericy, présidente du SNCU, rappelant que l’objectif est de tripler la part des renouvelables (biomasse, géothermie, traitement des déchets) d’ici à 2030.

Entre 2019 et 2020, la part des renouvelables a grappillé un petit point, quand le gaz continue d’alimenter plus d’un tiers des réseaux.

Plus tôt mardi, lors du décryptage RTE sur les scénarios énergétiques, Thomas Veyrenc, directeur exécutif chargé de la stratégie, a rappelé que le chauffage urbain allait notamment devoir se développer pour abandonner les énergies fossiles.

Un quart des réseaux de chaleur, qui représentent 39 % des livraisons, n’auront pas le choix puisqu’ils ne respectent pas les normes (RE2020) en matière d’émissions carbone.

Les nouveaux bâtiments seront par ailleurs obligés à partir de 2022 d’envisager cette solution ou d’en adopter une « au moins aussi vertueuse », selon Alexandre Dozieres de la direction générale de l’énergie et du climat.

Pour atteindre les objectifs, les représentants du secteur estiment qu’il faut décarboner et densifier les réseaux existants mais aussi en créer de nouveaux.

Mais l’un des obstacles majeurs selon Nicolas Garnier, délégué général de l’association Amorce, partenaire de l’étude, est le « tropisme » pour l’électricité en France alors que les prix de celle-ci sont volatils.

Idem du côté du gaz, dont les cours ont explosé, faisant des réseaux de chaleur la plus compétitive et la plus stable des options, selon l’étude.

Selon la Cour des comptes, ces réseaux constituent « une contribution efficace à la transition énergétique insuffisamment exploitée » en France.

Pour y remédier, deux mots selon les représentants du secteur : « subventions » et « sensibilisation » des élus et du public.

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