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Pour verdir la France, penser à la chaleur renouvelable, appelle la filière

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Il faut s’attaquer au chauffage, « car c’est là qu’est le CO2 ! » Bois, géothermie, solaire thermique, valorisation des déchets… la chaleur renouvelable et de récupération pourrait être plus largement déployée en France, ont souligné mardi 7 décembre 2021 les acteurs de la filière, qui avancent leurs propositions.

Pour verdir la France, penser à la chaleur renouvelable, appelle la filière

Aujourd’hui, la chaleur absorbe 46 % de la consommation d’énergie finale en France. Or moins du quart est renouvelable (59 % vient d’énergies fossiles et 18 % de l’électricité), souligne le secteur. La France a progressé ces dernières années grâce à l’instauration par l’État d’un « fonds chaleur », qui a notamment permis un développement des réseaux de chaleur et de froid. Mais à un rythme de + 7-8 %, « cela ne suffit pas pour atteindre l’objectif de 38 % d’énergies renouvelables dans la chaleur en 2030 » (moins de 23 % aujourd’hui), et ce alors que la demande générale croît, souligne Jean-Louis Bal, du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Or, pour espérer atteindre 90 à 100 % en 2050, horizon pour la neutralité carbone inscrit dans la loi, la France devrait se fixer un cap intermédiaire de 50 % en 2030, prône la filière.

Sur le terrain, elle propose de généraliser un « plan territorial chaleur renouvelable » dans les collectivités de plus de 20 000 habitants, pour sortir des réflexes « gaz » ou « électricité » des aménageurs. La France dispose déjà de trois outils, à « optimiser », selon les professionnels : le fonds chaleur (accroître ses moyens), MaPrimeRénov’ pour le bâti existant, à pérenniser au-delà de chaque loi de finance, et le fonds de décarbonation de l’industrie. « Il faut s’attaquer à la chaleur car elle est encore très carbonée, c’est là qu’est le CO! Et c’est là que le ratio aide publique/efficacité est le meilleur », plaide Pascal Roger, de la Fédération des Services énergie environnement (Fedene). « Ce n’est pas de l’inflation budgétaire, mais un investissement », dit-il : « les aides du fonds chaleur ont représenté deux milliards d’euros depuis dix ans, or cela génère tous les ans 1,5 milliard d’euros d’économies d’importation » d’énergies fossiles. Et l’énergie verte, locale, « stabilise les factures » du consommateur, ajoute-t-il.

Enfin la filière prône un « fonds social » pour accompagner les plus précaires dans cette transition. « Il faut que la chaleur renouvelable retrouve sa juste place dans le débat sur l’énergie », appelle Nicolas Garnier, de l’association de collectivités Amorce, qui met en garde contre une trop grande focalisation sur le « tout électrique », en particulier en ce début de campagne présidentielle.

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