Stéphane Travert souhaite que 8% des surfaces agricoles soient bio en 2021

Développement durable

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a fixé lundi 31 juillet comme cap la conversion au bio de 8 % de la surface agricole française, contre quelque 6 % actuellement, après les critiques acerbes portant sur ses choix de répartition d’aides européennes.

« Pour l’État, la priorité, c’est le financement des aides à la conversion. Le transfert opéré aujourd’hui doit nous permettre de rester sur le scénario prévu et d’atteindre l’objectif de 8 % des surfaces converties en 2021, au lieu de 6 %. Pour atteindre cet objectif, il faut bien aider l’agriculture biologique », a déclaré à l’AFP le ministre, Stéphane Travert, qui s’est rendu lundi dans une coopérative bio à Michery (Yonne).

Selon les derniers chiffres officiels publiés par le service statistique du ministère Agreste, la proportion de surface agricole utile (SAU) française en bio était de 5,7 % à fin 2015.

Pour encourager la conversion, M. Travert a mis en avant la prorogation pour 2018 du crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique, qui doit faire l’objet d’un « arbitrage » de Matignon.

En ce qui concerne les aides au maintien des exploitations bio, qui sont versées après les trois années dites de conversion, le ministre a renvoyé la balle dans le camp des régions, qui gèrent les fonds européens agricoles pour le développement rural (Feader).

« Il va y avoir une discussion avec les conseils régionaux qui sont autorité de gestion sur le Feader et qui sont les acteurs les mieux placés aujourd’hui sur l’accompagnement et notamment l’aide au maintien. À ce jour, rien n’est supprimé, c’est aussi une décision des collectivités territoriales », a déclaré M. Travert.

Trente-quatre organisations, dont la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), ont demandé dimanche dans une tribune au gouvernement d’augmenter la part des aides européennes destinées au bio, quelques jours après l’annonce par M. Travert d’un transfert à hauteur de 4,2 % des montants des crédits du pilier I de la PAC vers le pilier II.

Le pilier I de la PAC profite massivement aux gros céréaliers, le pilier II bénéficie notamment aux petites exploitations de zones défavorisées, à l’installation des jeunes agriculteurs et au développement du bio.

La sphère bio souhaitait un taux de transfert beaucoup plus important pour pouvoir financer les aides à la conversion et au maintien et accélérer la transition de l’agriculture vers le bio en France.

 

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