Une politique ambitieuse des transports urbains est indispensable, selon la Fnaut

Développement durable

Les transports urbains sont à la veille d’une crise majeure, alerte la Fnaut, qui dénonce le désintérêt de l’État et réclame une relance volontariste des transports urbains.

Embouteillages bloquant la voirie, saturation insupportable des transports collectifs et réduction de l’offre, dégradation de la vie urbaine… Sans une politique ambitieuse de transport collectif urbain, la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut)  prévoit des « difficultés inextricables ». Ce, aussi bien en Île-de-France et dans les grandes agglomérations que dans les collectivités moyennes (40 000 à 100 000 habitants), où elle souhaite que les plans de déplacements urbains (PDU) soient obligatoires.

En effet, les transports collectifs sont aujourd’hui saturés dans les zones denses, et sous-développés en périphérie. Une situation qui « ne peut que s’aggraver à l’avenir », alors que la demande de transport public augmente, pour diverses raisons : démographie, baisse du pouvoir d’achat, étalement urbain, déséquilibre entre zones d’habitat et zones d’emploi…

Selon la Fnaut, l’État « se désintéresse des transports publics », « à peine cités dans le projet de loi sur la transition énergétique ». Les investissements routiers sont relancés, l’écotaxe abandonnée et le taux de TVA sur le transport public porté de 7 % à 10 %.

Quant aux collectivités, aux ressources en baisse, elles abandonnent fréquemment des projets de transport collectif en site propre, suppriment des couloirs de bus et des pistes cyclables, diminuent la fréquence des lignes ou rendent le stationnement gratuit le samedi. Autant de mesures qui favorisent le retour de la voiture en ville.

Si elles peut compenser la baisse des dotations de l’État et la hausse de la TVA, la hausse des tarifs des transports urbains n’est pas l’unique solution. Avec « la baisse spectaculaire du prix du pétrole », le gouvernement pourrait notamment augmenter les taxes sur les carburants automobiles. Et affecter une part importante des recettes fiscales supplémentaires, ainsi récupérées, à la baisse du taux de TVA sur les transports publics (de 10 % à 5,5 % comme pour d’autres produits de première nécessité) et aux investissements de transport collectif urbain.

Toutefois, pour rétablir une qualité de vie acceptable en ville, cette politique de relance des transports urbains devra prévoir des mesures complémentaires : aménagements facilitant l’utilisation du vélo comme réel moyen de transport, à l’instar d’Amsterdam ou de Copenhague, afin d’alléger les transports collectifs ; accompagnement non motorisé des enfants à l’école (« pédibus », « vélobus ») ; généralisation des rues à 30 km/h en dehors des grands axes ; taxis à prix abordable complétant les transports collectifs…

La Fnaut dénonce également les effets pervers des véhicules en libre service (type « Autolib ») qui inciteraient à utiliser la voiture en ville. Elle estime que les collectivités devraient stopper leur développement pour soutenir l’autopartage. En « démotorisant » les citadins, il peut libérer de l’espace public et favoriser ainsi un partage de la voirie propice aux transports collectifs de surface.

Marie Gasnier

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