Finances publiques : les syndicats dénoncent le malaise croissant des agents

Dialogue social

Les syndicats de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) ont dénoncé lundi 11 juillet un malaise croissant au sein de cette administration rattachée à Bercy, dû aux suppressions de postes et à l’accroissement de la charge de travail, mais aussi à des questions salariales.

Confirmant des informations du journal Le Monde, des représentants syndicaux de la DGFiP ont expliqué à l’AFP qu’à la suite de la fusion des Impôts et du Trésor en 2008, les rémunérations des agents des deux administrations ont été harmonisées, ce qui s’est traduit par des augmentations importantes pour les catégories les plus élevées et « de l’ordre de quelques euros » pour les autres. Les augmentations « par centaines d’euros » des cadres ont ainsi « cristallisé les rancœurs, le sentiment d’injustice », au sein d’une administration qui connaît un « gros malaise » en raison de « la politique dogmatique de suppressions d’emploi », a affirmé Alexandre Derigny (CGT).

Vincent Drezet, secrétaire national de l’Union Snui-SUD Trésor Solidaires, a également souligné que ces harmonisations dues à un « effet mécanique » se sont produites alors que « dans le même temps, il y a eu des suppressions d’emploi » chez les catégories les moins bien payées, y voyant « un facteur aggravant, mais pas déclencheur » du malaise social.

Son syndicat a lancé depuis quelques mois une campagne baptisée « On veut respirer » pour dénoncer « la hausse de la charge de travail combinée à la réduction des effectifs », a-t-il indiqué. Il a ainsi affirmé que l’administration avait perdu 15 % de ses effectifs en huit ans, avec une accélération depuis 2007 et la mise en œuvre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui se traduit par le non-remplacement de deux départs sur trois au sein de la DGFiP, qui compte environ 125 000 agents.

« Toutes les catégories, y compris l’encadrement vivent mal l’accroissement de la charge de travail et la dégradation des conditions de travail », mais « cette question salariale complique la donne », a-t-il ajouté, affirmant que son syndicat réclame l’arrêt des suppressions d’emploi et un plan d’action sur les risques psychosociaux (stress, dépression, violences…).

Denis Grégoire, secrétaire national CFDT Finances publiques a expliqué de son côté que son syndicat avait mené une enquête à laquelle 16 000 agents de la DGFiP ont répondu. Il en ressort que 54 % d’entre eux sont stressés au travail, alors qu’ils étaient 47 % en 2007. L’enquête montre également un doublement de la souffrance au travail qui concerne 13 % des agents contre 6 % en 2007. Il a indiqué qu’il y avait « plus d’une centaine de cas de burn-out », c’est-à-dire d’épuisement professionnel et 30 suicides par an, pour l’ensemble des personnels rattachés à Bercy, dont 75 % appartiennent à la DGFiP, des données confirmées par la CGT.

Fin juin, un représentant de FO-Finances a tenté de se suicider en avalant des cachets lors d’une réunion ordinaire du Comité d’hygiène et de sécurité ministériel, après avoir exposé les difficultés qu’il rencontrait dans son travail. La CFDT-Finances avait alors évoqué trois suicides au sein des services de Bercy dans la période récente.
 

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