La parentalité dans la vie au travail… toujours une affaire de femmes

Droit des femmes

Une enquête auprès de 37 000 salariés décrit « des rôles sociaux trop souvent figés dans la prise en compte de la parentalité dans le monde du travail ».

En partenariat avec le Conseil supérieur de l’égalité entre les femmes et les hommes (CSEP) et l’institut BVA, dix grandes entreprises – Air France, Engie, Expertise France, EY, Legrand, Schneider Electric, Siemens, SNCF, SUEZ, Veolia – ont lancé auprès de leurs salariés une grande enquête sur la prise en compte de la parentalité au travail. Les résultats de cette consultation menée auprès de 37 000 salariés ont été remis le 21 février 2019 à la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations et présidente du CSEP. Marlène Schiappa y puise « un premier chiffre encourageant » : plus des trois quarts (78 %) des pères ont pris leur congé paternité dans leur intégralité… mais seulement à peine la moitié (47 %) des cadres dirigeants. Et, à l’arrivée d’un enfant, les pères ne sont que 6 % à réduire ou à arrêter leur activité contre la moitié des mères !

L’enquête constate les mêmes inégalités du côté de la répartition des tâches : plus de la moitié (55 %) des mères disent prendre majoritairement en charge les responsabilités parentales et la charge mentale associée, contre 8 % des pères. Et pourtant, un décalage peut s’observer entre la réalité des pratiques et le ressenti exprimé. En effet, la moitié des pères estiment se charger des tâches parentales à égalité avec leur conjoint(e), une affirmation confirmée par à peine un tiers des mères ! Même ambivalence dans le sentiment de l’impact de la grossesse et de la parentalité sur la carrière : 84 % des femmes pointent un impact négatif de la maternité, sur fond de sexisme ambiant souvent fort. Par ailleurs, seuls 6 % des parents ont le sentiment de pouvoir profiter tout à fait de leur enfant autant qu’ils le souhaiteraient.

Mais, dans le même temps, plus de 70 % des pères et des mères se disent satisfaits en termes d’articulation de leur vie familiale et professionnelle. Enfin, l’enquête enregistre une assez grande méconnaissance des droits associés à la parentalité et les politiques d’entreprise menées en la matière sont jugées insuffisantes ou méconnues. « On a donc un statut quo souvent paradoxal qui montre la nécessité de rééquilibrer, par des politiques adaptées, des rôles sociaux trop souvent figés dans la prise en compte de la parentalité dans le monde du travail », conclut la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.

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