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La Cour des comptes préconise de « recentrer » les missions des inspecteurs de l’Éducation nationale

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La Cour des comptes appelle le Gouvernement à « recentrer » les missions des inspecteurs territoriaux de l’Éducation nationale sur l’accompagnement pédagogique des professeurs et équipes enseignantes, dans un référé publié mardi 3 mars 2022, jugeant leur activité « de plus en plus morcelée ».

La Cour des comptes préconise de "recentrer" les missions des inspecteurs de l'Éducation nationale

Quelque 3 650 inspecteurs territoriaux des premier et second degrés de l’Éducation nationale assurent en France des missions très diverses, souligne la Cour : évaluation des enseignants, participation à l’organisation des examens et concours, promotion des grandes réformes, contrôle de l’instruction à domicile, ou encore pilotage administratif et pédagogique des écoles en lien avec les directeurs d’école et les municipalités. Or « cet éparpillement s’effectue au détriment de leur mission première, qui reste le suivi des enseignants et l’appui pédagogique », déplore la Cour dans ce référé, envoyé en janvier 2022 au ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

En outre, l’évaluation individuelle des enseignants absorbe environ 30 % de l’activité des inspecteurs du premier degré et de 20 à 30 % dans le second degré, note-t-elle, ne laissant « qu’une place résiduelle aux réunions d’équipes autour de l’inspecteur, aux visites-conseils, à l’accompagnement pourtant nécessaire des professeurs qui entrent dans le métier ».

La Cour, qui formule six recommandations, appelle notamment à « procéder à une revue sélective des missions » des inspecteurs, afin de recentrer leur travail « sur l’accompagnement pédagogique des professeurs et des équipes enseignantes ». Elle pointe par ailleurs une « répartition inégale des moyens en inspecteurs » entre les académies, soulignant notamment que les grandes académies, comportant des zones très denses, sont moins favorisées.

Dans le premier degré public (primaire), certains départements comme la Seine-Saint-Denis, où se concentrent grandes difficultés scolaires et jeunes enseignants, sont ainsi pénalisés, relève-t-elle, avec une moyenne de 307 enseignants par inspecteur en 2020, contre 229 au niveau national. Dans le second degré public (collège et lycée) également, le nombre d’enseignants par inspecteur s’établissait par exemple en 2020 à 228 dans l’académie de Versailles, contre 137 dans l’académie de Limoges, indique-t-elle.

Face à ces inégalités, la Cour préconise notamment de « définir par académie un effectif cible d’inspecteurs ». Elle plaide par ailleurs en faveur d’un « rapprochement fonctionnel des corps d’inspection du premier et du second degrés », qui « permettra à la fois de renforcer les liens entre l’école et le collège, et, au sein du second degré, entre les différents types d’enseignement ».

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