Le gouvernement veut mieux protéger l’école

Éducation

Le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse vient de présenter un Plan d’actions pour la protection de l’école.

Après l’émotion suscitée par l’agression d’un professeur du lycée Branly, à Créteil (Val-de-Marne), et dans la perspective de la rentrée des vacances de la Toussaint, ce lundi 5 novembre, le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a réuni, le 31 octobre, les recteurs d’académie sur le thème de la sécurité à l’école. Jean-Michel Blanquer entend mener « une lutte résolue contre les violences et les incivilités à l’école, qui touchent avant tout les plus fragiles ». Un climat scolaire « apaisé, indispensable aux apprentissages, passe par l’unité de tous les acteurs, l’exercice serein de l’autorité, l’approfondissement et la systématisation des réponses apportées en cas de manquement aux règles de la vie commune », a énuméré le ministre. Pour lui, « trois cercles sont à distinguer » : la classe, l’établissement et l’environnement de l’établissement. Les mesures avancées fin octobre relèvent de l’Éducation nationale et concernent donc les deux premiers cercles.

Dans la classe

– Systématiser le signalement de chaque incident et en assurer le suivi. Sur un cahier, le plus souvent numérique, les professeurs inscriront chaque fait et l’administration la réponse qu’elle y apporte.
– Le bilan annuel des incidents et des sanctions, ainsi rassemblés sur un seul document, sera présenté au conseil d’administration.
– Les professeurs seront soutenus et doivent être accompagnés dans leurs démarches en cas d’agression.
– Les formations à l’exercice de l’autorité seront développées et proposées aux professeurs et aux personnels d’encadrement.
– Une enquête directe auprès des professeurs et des personnels sera mise en place à grande échelle pour disposer, dans les prochains mois, d’un état des lieux précis des atteintes aux personnes.

Dans l’établissement

– L’organisation des conseils de discipline sera simplifiée pour permettre une réponse plus rapide. Composé actuellement de 14 membres et convoqué au minimum 8 jours avant sa réunion, il est proposé qu’il soit dorénavant composé de 6 membres et que le délai de convocation soit raccourci.
Les sanctions seront mieux ajustées en fonction des faits : retenues, exclusion, responsabilisation qui établit un lien entre la nature du fait et la sanction. Les mesures de responsabilisation (remise en état de peinture ou du matériel dégradé…) représentent aujourd’hui 1 % des sanctions prononcées, alors même que leur valeur pédagogique est évidente, a déclaré le ministre. Des partenariats avec le monde associatif sont des leviers essentiels pour développer ces dispositifs, a-t-il précisé.
– Une période probatoire sera instaurée après une exclusion : durant cette période, chaque jour, l’élève fera le point sur sa journée avec le CPE ou le chef d’établissement.
– Un personnel de direction « dédié » sur les enjeux de sécurité sera nommé pour les établissements qui le nécessitent.
– À la demande du chef d’établissement et de la communauté éducative, un policier ou un gendarme, lorsque le contexte le nécessite, pourra assurer une permanence, a ajouté Jean-Michel Blanquer.

Enfin, s’agissant de l’environnement de l’établissement, qui relève d’autres ministères, des collectivités locales et de l’ensemble de la société, le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a annoncé l’ouverture d’une concertation visant à « renforcer l’unité des institutions de la République autour de l’école ». Celle-ci sera conduite par un recteur, un parlementaire et un maire, appuyés par un membre de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR). Cette concertation va porter, en particulier, sur trois dimensions :

  • La sécurisation des abords des établissements, avec le renforcement des liens avec les forces de sécurité publique et les collectivités territoriales ;
  • La responsabilisation des familles et le soutien à la parentalité ;
  • La mise en place de structures conçues pour les élèves les plus difficiles, notamment les « polyexclus ».

Jean-Michel Blanquer veut aller vite. La concertation doit aboutir avant le 15 décembre.

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