Les rythmes scolaires, un débat récurrent

Éducation

Le débat sur les rythmes scolaires, ouvert de façon quasi permanente depuis près de 30 ans, porte aussi bien sur le système éducatif, et donc l’institution scolaire, que sur l’adéquation entre les temps, péri et extrascolaires, avant et après l’école, équations au cœur du travail des collectivités locales. L’Andev retrace la brève histoire du temps scolaire et ses enjeux.

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Éducation RYTHMES SCOLAIRES : UNE EXPÉRIMENTATION À PÉRENNISER Voir le dossier

Replacer l’objectif éducatif au cœur du débat

Au-delà des polémiques sur l’étalement des vacances ou la semaine de quatre jours qui monopolisent les discussions, la question de l’organisation du temps à l’école primaire met au jour des enjeux beaucoup plus fondamentaux tels que l’égalité des chances ou la réussite scolaire et éducative de l’enfant et du jeune. Si l’on étudie l’histoire et l’évolution des rythmes à l’école, qu’il s’agisse de l’alternance congés scolaires/temps de la classe, des horaires quotidiens, de la durée de la scolarité obligatoire, on constate que ces calendriers scolaires se sont structurés en fonction des postures de l’État vis-à-vis de l’école, d’équilibres recherchés entre contraintes économiques et besoins sociaux, mais qu’ils n’ont eu que peu à voir avec des objectifs d’abord éducatifs.

Toucher au calendrier scolaire c’est impacter, modifier les équilibres de vie, le travail d’une partie de la population, notamment celui des femmes ; c’est changer des pans entiers de l’économie, du commerce et du transport, mais aussi le travail des associations dans le sport, la culture et l’éducation populaire. C’est aussi modifier les rythmes de travail de plus de 12 millions d’élèves et de plus de 1 million de personnels, au sein desquels figurent ceux des collectivités locales. D’où la difficulté, si l’on ne donne pas le primat à l’objectif éducatif, de réunir un consensus sur la remise en œuvre, bousculant de nombreux intérêts… divergents.

Brève histoire du temps scolaire

Le calendrier scolaire a subi quelques modifications depuis la mise en place de l’école laïque, gratuite et obligatoire de Jules Ferry en 1882. À cette époque, les enfants ne disposent que de vacances d’été très courtes, différentes selon les niveaux d’enseignement et même facultatives pour les écoles maternelles. En 1922, elles sont allongées de deux semaines supplémentaires, pour permettre aux enfants de travailler dans les champs, pour les besoins du monde rural et les congés payés des ouvriers. Nous sommes alors en pleine phase de reconstruction post-Première Guerre mondiale.

En 1937, avec le Front Populaire, on rallonge les vacances de plus de deux semaines, mais il s’agit surtout d’une façon déguisée de revaloriser le salaire des enseignants. Il y a aussi des essais de zonage et de vacances intermédiaires, en dehors de la période estivale, qui font leur apparition.

À partir des années 60, c’est non plus la durée mais la question de l’organisation et de la distribution des vacances qui est posée. Le choix des dates de vacances s’effectue en liaison avec le ministère du Tourisme et du Transport, ce qui marque l’influence et la pression du monde économique. C’est le début du zonage pour l’hiver et ensuite du printemps. En 1969, le samedi après-midi est supprimé pour les élèves et ensuite pour les enseignants. En 1980, un rapport du Conseil Économique et Social préconise le découpage de l’année scolaire en période égale de travail (5 à 7 semaines), entrecoupée de période de vacances réparatrices (2 semaines environ). En 1985, ce calendrier est définitivement adapté et appelé le 7/2 ; il se termine par 2 mois de congés estivaux.

En 2008, il y a suppression du samedi matin et on assiste à un glissement significatif de temps scolaire sur le temps périscolaire, avec la création de nouveaux dispositifs :

En 2012, en parallèle d’une vaste concertation sur les rythmes scolaires, l’État décide d’un allongement de la durée des vacances de la Toussaint, donnant le ton de la future réforme.

Anne-Sophie Benoit, présidente de l’Andev

Pour en savoir plus :

Livre blanc

Réformer les rythmes scolaires pour la rentrée 2013

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Le programme de François Hollande annonçait la modification des rythmes scolaires. Cette annonce a été reprise par Vincent Peillon, nouveau ministre de l’Éducation, lors de son installation. Ainsi une consultation pour refonder l’école a été mise en place affirmant la volonté de modifier le système dès la rentrée 2013.

Le rapport de cette refondation, présenté le 9 octobre 2012 à la Sorbonne, appréhende les rythmes de l’enfant comme outils de changement : les groupes de travail de la refondation de l’école réunis entre juillet et octobre 2012 préfigurent une loi d’orientation pluriannuelle sur l’école. Des mesures ont été prises dès la rentrée scolaire 2012 : application du principe des petites vacances à deux semaines pour la Toussaint et mise à niveau du calendrier scolaire pour récupérer les deux jours sur l’année scolaire.

Téléchargez gratuitement la fiche « Réformer les rythmes scolaires pour la rentrée 2013 » : après un historique du processus, elle exposera les enjeux de la réforme des rythmes scolaires qui fait partie des thèmes au cœur de la concertation pour la refondation de l’école.

Cette fiche extraite du service documentaire L’action éducative en pratique vous est offerte par les Éditions Weka.

 

En cas de difficultés pour télécharger, cette fiche n’hésitez pas à nous envoyer un email à question@weka.fr.

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