Politique ambitieuse ou « poudre aux yeux ? »

Éducation

Le ministre de l’Éducation nationale a défini les priorités de la rentrée 2011, assorties d’une avalanche de nouvelles mesures. Seul problème : selon de nombreux acteurs, cet ensemble fait diversion et passe l’essentiel sous silence….

Au moment où 12 millions d’élèves et 1 million de personnels rejoignent leurs établissements, Luc Chatel affiche des priorités fortes et une impressionnante avalanche de nouvelles mesures.

Au titre des priorités, un seul mot d’ordre : personnaliser les enseignements « pour la réussite de chaque élève ». Il s’agit notamment de développer la pédagogie individualisée, la prise en charge des collégiens en difficulté, de conforter l’accompagnement personnalisé en classe de seconde et de promouvoir la « différenciation des parcours ».

La rentrée 2011 connaît une avalanche de nouveautés ministérielles

Que l’on en juge :

  • poursuite de la réforme du lycée ;
  • croissance de la scolarisation des enfants handicapés ;
  • développement des internats d’excellence ;
  • expérimentation de la philosophie en seconde et en première ;
  • expérimentation d’une autonomie de recrutement (dispositif Eclair) ;
  • 3e « prépa-pro » et nouveau dispositif d’alternance en 4e ;
  • nouvelles sanctions contre la violence ;
  • doublement du dispositif « Cours le matin, sport l’après-midi » ;
  • meilleur accompagnement des nouveaux professeurs ;
  • évaluation expérimentale en 5e ;
  • retour des leçons de morale à l’école élémentaire ;
  • introduction du mot « Shoah » dans les manuels scolaire…

Sans parler du projet du ministre de réformer le statut des enseignants, ou encore de la décision annoncée pour l’automne sur la question des « mères voilées » …

Les organisations professionnelles pointent surtout les suppressions de postes

Or l’essentiel est ailleurs, disent ses nombreux contradicteurs, et loin du « conte de fées » (selon les termes de l’Unsa) vanté par le ministre : suppression massive de postes, gel des emplois-aidés, suppression de la formation des maîtres, asphyxie de dispositifs pédagogiques… « Les établissements tapent dans les dispositifs qualitatifs comme l’accompagnement personnalisé au lycée et la remédiation au collège, alors que Luc Chatel insiste là-dessus », indique le Snpden qui ajoute : « Au moment où on nous farcit la tête d’une propagande tapageuse peuplée de dispositifs individualisés, la réalité crue, c’est que ce sont les dispositifs qualitatifs que les retraits d’emplois nous contraignent à liquider. »

C’est une rentrée « inédite du point de vue des chiffres », dénonce de son côté le Snes-Fsu qui ajoute que cette « situation va poser de graves problèmes dans les d’établissements ». Même appréciation tranchée chez les enseignants stagiaires. Selon un sondage Ipsos commandé par le ministère et publié le 30 août, ceux-ci sont 69 % à être insatisfaits de leur formation.

Luc Chatel, quant à lui, « assume » les 16 000 postes supprimés en cette rentrée. « La vraie question aujourd’hui, c’est le sur-mesure » et non « la quantité », déclare-t-il.

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