Dans un document adressé aux cadres territoriaux de l’éducation, de la petite enfance et de la jeunesse, l’Association nationale des éducateurs des villes (ANDEV) pointe l’importance pour les collectivités de collaborer étroitement avec les services de l’Éducation nationale. Les enjeux de la rentrée scolaire 2026-2027 sont multiples : sécurité des accueils périscolaires, épisodes de chaleur extrême, baisse des effectifs, difficultés de recrutement ou encore persistance des inégalités éducatives. Autant de sujets qui « appellent moins de réponses isolées et davantage d’anticipation et de coopération », précise l’association.
Le renforcement de la coopération et du dialogue territorial
Pour cela, il conviendrait de s’appuyer sur les expériences territoriales – aussi bien les réussites que les difficultés. Avec, pour objectif, de nourrir le dialogue national avec les solutions élaborées à l’échelon local. L’idée : « partir des réalités de 2026 pour proposer des réponses et ouvrir des chantiers ». Ainsi, l’ANDEV invite chaque territoire à identifier un sujet sur lequel la coopération pourrait progresser : « une transition à mieux préparer, un protocole à consolider, une information à mieux partager, une formation à construire ensemble, un environnement éducatif à adapter ».
La professionnalisation des acteurs du périscolaire
Plusieurs priorités paraissent indispensables à l’évolution du système éducatif. À commencer par assurer la protection des enfants en milieu périscolaire, en professionnalisant les équipes notamment, qu’il s’agisse de recruter, d’intégrer de nouveaux animateurs, de les former ou encore de leur apprendre à écouter les enfants, à identifier « les signaux faibles » de situations problématiques et à traiter les alertes.
L’adaptation des infrastructures et des rythmes face aux risques climatiques
La transition climatique doit aussi être l’occasion d’améliorer l’accueil des élèves, au-delà de l’adaptation des locaux. Il faudrait collectivement mieux anticiper les épisodes climatiques extrêmes dans les écoles et renforcer la coopération État, Éducation nationale, collectivités, à l’aide d’un « cadre national partagé ». Avec des consignes à la fois souples, pour s’adapter aux situations locales et claires, afin de sécuriser les actions : adaptation des horaires, réorganisation des activités, utilisation différenciée des locaux, solutions d’accueil alternatives… Ces décisions doivent également intégrer la protection de l’enfance et la lutte contre les inégalités, tous les enfants n’ayant pas les mêmes conditions de logement ou de garde.
Quant à la baisse des effectifs scolaires, elle peut représenter une opportunité de repenser l’organisation scolaire : conditions d’accueil, inclusion, espaces scolaires, nouveaux usages, conditions d’apprentissage…
Par ailleurs, sachant que les enfants vivent des journées que ne recouvre pas le découpage institutionnel, l’ANDEV propose de rendre leur parcours plus cohérent. Ce, dès la petite enfance, puis à l’adolescence et en dehors du cadre scolaire car les mercredis, week-ends et vacances renforcent souvent les inégalités d’accès à la culture, au sport, aux loisirs, aux vacances ou à la nature.
Enfin, l’association aimerait que les personnels territoriaux et ceux de l’Éducation nationale suivent des formations croisées sur plusieurs sujets communs : inclusion, protection de l’enfance, relations avec les familles, laïcité, numérique ou adaptation climatique, par exemple.
Alors que la circulaire de rentrée de l’Éducation nationale du 6 mai 2026, fixe la priorité d’« instruire et protéger », l’ANDEV qui partage cette ambition, souhaite l’enrichir de l’expérience des territoires et de celle des responsables des politiques éducatives locales.
Marie Gasnier
