Retarder le début des cours au lycée ? Cela relève de la décision de chaque établissement

Éducation

Retarder d’une heure le début des cours au lycée pour augmenter le temps de sommeil des adolescents, comme le propose la présidente de la région Île-de-France ? Le ministère de l’Éducation rappelle que cette décision relève principalement de chaque établissement scolaire.

Valérie Pécresse a proposé début janvier au ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer de lancer une expérimentation en région Île-de-France et de retarder le début de la journée des cours à 9h00, contre 8h00 ou 8h30 actuellement. « Ce sera bon pour les apprentissages et la santé de nos 500 000 lycéens et cela désaturera les transports », indiquait-elle sur son compte Twitter.

Interrogé par l’AFP mercredi, le ministère de l’Éducation rappelle que les horaires des journées de classe sont fixés par le conseil d’administration des collèges et lycées, où siègent des représentants du ministère, des collectivités, des personnels, des parents d’élèves et des élèves.

« Cette décision est prise localement, à la différence par exemple du calendrier scolaire qui lui relève d’une décision nationale », a-t-on précisé.

Le chef d’établissement a par ailleurs obligation de recueillir l’avis de la région, qui est la collectivité chargée des transports scolaires, grandement concernés par les horaires de classe.

Il n’y a donc pas de « norme nationale » sur les heures de début et de fin de la journée scolaires. En revanche, tous les établissements ont le même nombre d’heures de cours à dispenser aux élèves. Une heure « perdue » en début de journée doit donc être « rattrapée » dans la semaine, a-t-on ajouté.

Le mercredi après-midi, qui compte souvent peu d’heures de cours, est dans beaucoup d’établissement réservé aux activités du sport scolaire, via les associations sportives.

Dans le primaire, la plupart des écoles démarrent la journée à 8h30 mais elles sont aussi très nombreuses à commencer la journée à 9h00.

Dans un entretien à RTL dimanche, M. Blanquer avait déclaré être « très ouvert aux expérimentations ». « Il faut être d’un pragmatisme d’airain. Il est hors de question de faire ça partout et tout de suite, de manière inconsidérée. Pourquoi pas à une petite échelle, pour expérimenter et en voir les effets ? », avait-il ajouté.

La proposition de Valérie Pécresse fait suite à une étude américaine, parue en décembre dans la publication scientifique Science Advances, qui analyse les effets d’une expérimentation menée à Seattle (États-Unis), où des lycées ont retardé à 8h45, contre 7h55 auparavant, le début des cours.

Selon les chercheurs, le temps de sommeil nocturne des adolescents a augmenté de 34 minutes (à 7 heures 24 minutes), tandis que retards et absentéisme ont reculé dans les établissements les plus défavorisés.

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2019

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum