Risque d’échec scolaire pour les enfants hébergés par l’aide sociale selon une étude de la DREES

Éducation

Les enfants placés dans les établissements de l’aide sociale à l’enfance (ASE) sont plus nombreux que les autres à être en retard dans leur scolarité, déscolarisés ou à quitter l’école à 16 ans sans activité, souligne une étude de la DREES publiée mardi.

Les données quantitatives sur le sujet font défaut, souligne la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et de la statistique), qui se base sur une enquête concernant 48 820 enfants et jeunes adultes hébergés en établissements de l’aide sociale à l’enfance (ASE) au 15 décembre 2008.

Avant même leur entrée en établissement, ces enfants ont connu des difficultés qui affectent leur scolarité (pauvreté, mal-logement, maltraitance…). À l’âge d’entrer au collège (11 ans), deux tiers sont en retard d’au moins une année. Si leur placement leur a fourni une certaine stabilité et a pu limiter les échecs scolaires, le nombre de retards reste « très supérieur à celui de la population générale » du fait de leur environnement (difficultés à s’isoler, accompagnement moins individualisé notamment), souligne l’étude.

À l’âge d’entrer au lycée (15 ans), le retard scolaire est de 61,5 % des adolescents placés, contre 36,9 % de l’ensemble des jeunes du même âge. Leur orientation est très largement tournée vers l’enseignement professionnel court de type BEP ou CAP. Seuls 5,3 % des adolescents de 15 ans placés suivent un second cycle général ou technologique, comparé à 49 % des adolescents de leur âge. À 15 ans, ils sont trois fois plus souvent déscolarisés que l’ensemble de leur génération (6,1 % contre 2,1 %). À la déscolarisation s’ajoutent les situations d’absentéisme et de rupture scolaire, qui concernent 14 % des adolescents des établissements de l’ASE scolarisés et âgés de 15 ans.

En fin de scolarité obligatoire, nombreux sont ceux qui quittent l’école, sans pour autant se lancer dans la vie professionnelle. À 16 ans, 15,8 % ne sont plus scolarisés, contre 5,8 % de l’ensemble des jeunes du même âge. À 17 ans, ils sont 22 % contre 9,6 %. Ces jeunes qui quittent l’école n’ont pas d’autre projet : 47 % restent sans activité alternative. Mais 34 % s’engagent dans un stage ou une formation professionnelle, 3 % trouvent un emploi et 16 % en cherchent un.

Pour les jeunes majeurs, la situation est différente, le niveau de déscolarisation dans les établissements de l’ASE étant proche de celui de l’ensemble des jeunes. Une explication est le caractère sélectif du placement des jeunes majeurs, souligne la DREES : pour être pris en charge par l’ASE, les jeunes de 18 à 21 ans doivent signer un contrat jeune majeur (CJM) et pour cela s’engager sur un projet et tenir des objectifs, souvent liés à une poursuite de scolarité.

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