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Emploi : malgré des dispositifs ad hoc les quartiers prioritaires toujours en décrochage

Publié le 22 juillet 2022 à 10h05 - par

Les dispositifs en faveur de l’emploi dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) n’ont pas permis de réduire entre 2015 et 2021 l’écart existant avec les autres quartiers, selon un rapport publié mardi 19 juillet 2022 par la Cour des Comptes.

Emploi : malgré des dispositifs ad hoc les quartiers prioritaires toujours en décrochage

La Cour constate que le taux de chômage des habitants des QPV « est toujours 2,7 fois supérieur à celui des autres quartiers urbains ».

Répartis sur 859 communes, les 1 514 QPV, définis par un critère unique de bas revenu, comptent environ 5,4 millions d’habitants – soit 8 % de la population – plus jeunes, plus pauvres et moins scolarisés que la moyenne. Les contrats de ville signés en 2014, qui devaient initialement s’achever en 2020, devaient réduire de moitié les écarts de taux d’emploi, rappelle-t-elle. Or, l’écart entre le taux d’emploi en QPV (43,8 %) et hors QPV (64,8 %), qui s’établissait à 21 points en 2014, est de 21,3 points en 2019.

Les dispositifs dans leur forme actuelle « ne sont pas en mesure de réduire les écarts » car « les personnes les plus vulnérables, éloignées du travail ou en sortie négative (parfois répétitive) de dispositifs d’insertion (…) sont en réalité difficilement atteignables », estime-t-elle. Le nombre de dispositifs « est conséquent de sorte que les usagers, surtout les plus en difficulté, se trouvent face à une architecture complexe et illisible », avec en outre « un cloisonnement » entre les politiques du ministère du Travail et celui de la Ville qui « aboutit à un pilotage national très insatisfaisant ». La Cour appelle en conséquence « à substituer à l’entrée par les dispositifs une entrée par la personne accompagnée ».

Elle encourage le recours plus large à des approches nouvelles, comme le sport, pour faciliter la rencontre entre les jeunes et les employeurs dans un cadre moins formel. La Cour plaide aussi pour que la pauvreté – 25 % des habitants perçoivent le RSA contre 13 % hors QPV – et l’orientation scolaire soient davantage prises en compte.

La pauvreté « n’est pas seulement une forte entrave à l’insertion professionnelle, elle est aussi une caractéristique transmissible aux enfants qui se traduit par des difficultés scolaires dès le plus jeune âge et, à terme, des difficultés d’intégration sur le marché du travail ». D’autre part, « le décrochage et l’échec scolaires caractérisent une part importante des jeunes. L’orientation est souvent subie et les possibilités de réorientation sont faibles, les habitants des QPV ayant moins accès à l’information sur les filières d’enseignement et débouchés en emploi ».

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