Emprunts toxiques : la Sfil mobilise des fonds en faveur des collectivités

Finances locales

La Société de financement local, nouvel acteur du financement des collectivités née sur les décombres de Dexia, va mobiliser un milliard d’euros « à prix coûtant » pour faciliter la normalisation des prêts sensibles hérités de la banque franco-belge, selon son PDG Philippe Mills.

« Nous voulons parvenir autant que possible à une désensibilisation définitive de ces prêts. C’est-à-dire désensibiliser une partie de la dette jusqu’à sa maturité, en accord avec les collectivités », a expliqué mercredi 10 avril Philippe Mills lors d’un entretien avec l’AFP.

La Sfil, à travers son véhicule de refinancement, la Caisse française de financement local (Caffil), a hérité de 8,4 milliards de crédits sensibles de Dexia, que nombre de collectivités sont dans l’incapacité de rembourser.

La nouvelle banque entend donc procéder à la désensibilisation de ces prêts, souvent qualifiés de « toxiques ». Il s’agit là de refinancer les prêts sensibles, convertir le crédit contesté en un nouveau, en stabilisant leur taux autant que possible.

« Pour contribuer à cette désensibilisation, nous mettons à disposition des collectivités une enveloppe d’un milliard d’euros à prix coûtant. Cela veut dire un taux de 3 % à 15 ans aujourd’hui. C’est un effort pour nous par rapport à notre plan d’affaires qui prévoyait qu’on fasse de faibles bénéfices », a fait valoir Philippe Mills. « Nous avons commencé à appliquer cette stratégie à un certain nombre de cas », a-t-il ajouté, sans plus de précision.

Le PDG de la Sfil a souligné que les prêts sensibles du secteur public local français constituaient 18 % du stock d’emprunts de Caffil. Pour la France, ce stock total atteint 44,5 milliards d’euros empruntés par quelque 19 000 clients, dont 8,4 milliards de prêts sensibles concentrés sur 870 emprunteurs.

Philippe Mills a, en outre, annoncé que la première émission de la Caffil aurait lieu durant la seconde quinzaine du mois de juin. Son montant devrait avoisiner le milliard d’euros pour une maturité comprise entre 7 et 10 ans. Sur l’année, le volume d’émission prévu s’élève à quelque trois milliards. « Nous avons presque finalisé la documentation juridique. Nous allons choisir dans les prochaines semaines les banques qui vont nous aider à réaliser cette émission. Il y en aura 4 ou 5 », a-t-il précisé.

 

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