Les communes pourraient rater le train de la relance, selon une étude

Finances locales

Les communes pourraient ne pas être au rendez-vous du plan de relance l’an prochain si rien n’est fait pour « préserver leurs ressources » financières mises à mal cette année par la crise sanitaire due au Covid-19, selon une étude publiée mardi 1er décembre 2020.

« La reprise de l’investissement du bloc communal, essentielle au plan de relance, n’est pas certaine si rien n’est fait pour préserver les ressources et les marges de manœuvre des communes », alors que « la relance du pays dépend fortement » de cet effort, selon l’étude élaborée par l’Association des Maires de France (AMF) et la Banque des territoires.

« Nous atteignons le point de non-retour », prévient le secrétaire général de l’Association des Maires de France (AMF), Philippe Laurent, qui révèle à quel point les finances des communes ont été mises à mal par la crise sanitaire.

Si rien n’est fait pour « préserver leurs ressources » financières, les communes pourraient rater le train de la relance l’an prochain, incapables de reprendre leurs investissements, pourtant « essentiels » pour redresser l’économie française, selon le document.

Le premier vice-président de l’AMF, André Laignel, a tiré la sonnette d’alarme lors de la présentation de l’étude à la presse, relevant un risque « très grand ».

« Je suis étonné, pour ne pas dire abasourdi, que l’État fasse comme si tout allait bien », a-t-il expliqué. « Les collectivités locales ne sont pas une charge mais un levier décisif pour la relance économique », a-t-il affirmé, rappelant que le coût pour les communes du premier confinement s’est déjà élevé à 8 milliards d’euros en raison de la perte de recettes et la hausse des dépenses.

Même si les communes sont entrées dans la crise sanitaire « en bonne santé financière », elles seront « confrontées à de nombreuses incertitudes sur les prochaines années, selon l’étude.

Elles ont en effet subi une chute des recettes cette année et une augmentation des dépenses « de nature sociale, de financement du soutien à l’économie locale ».

« La diminution des recettes et l’augmentation des dépenses vont nécessairement se traduire sur les niveaux d’épargne des communes et intercommunalités », selon l’étude.

Selon elle, la crise va essentiellement toucher « les collectivités qui connaissaient des difficultés à la suite de fragilités structurelles ».

Celles qui dépendent fortement de l’économie touristique et résidentielle seront aussi atteintes « à des degrés divers », alors que celles dont « le tissu économique est composé d’établissements travaillant dans des secteurs d’activité dévastés vont devoir faire face à des vagues de faillites et de licenciements économiques ».

Au cours des derniers mois, l’AMF a alerté à plusieurs reprises sur les conséquences économiques de la crise sanitaire pour les communes et les mesures fiscales prises par le gouvernement comme la suppression de la taxe d’habitation ou la baisse annoncée des impôts de production.

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