Urgence, relance et dette : les points clés du budget 2021

Finances locales

Bouleversé par la crise sanitaire et le deuxième confinement d’automne, le budget 2021, définitivement adopté jeudi 17 décembre 2020, comprend notamment la prolongation des aides d’urgence pour les secteurs sinistrés et le plan de relance pour tenter de faire rebondir l’économie.

Dette record

En pleine tempête du Covid-19, le gouvernement a dû revoir à la baisse ses prévisions économiques durant l’examen du budget. 

Après une récession attendue à 11 % du PIB en 2020, le projet de loi de finances table sur un rebond économique de 6 % du PIB en 2021, un déficit de 8,5 % et une dette qui s’envole à 122,4 % du PIB. 

Tout cela dans un contexte qui reste très incertain. La Banque de France estime ainsi de son côté que le PIB rebondirait plutôt de 5 % l’an prochain.

Aides d’urgence

Pour poursuivre le soutien aux secteurs les plus touchés par la crise comme la restauration, l’événementiel ou les loisirs, le gouvernement a annoncé le 11 décembre la mobilisation de plus de 20 milliards d’euros d’aides d’urgence dans le budget 2021. 

11,4 milliards d’euros doivent être consacrés au chômage partiel, contre 6,5 prévus initialement. 

Quelque 7 milliards d’euros, dont 5 de nouveaux crédits, abondent le fonds de solidarité afin de soutenir les entreprises fermées début 2021 ou celles dont l’activité sera fortement réduite à cause des contraintes sanitaires. 

Le reste de l’enveloppe doit servir à de nouvelles exonérations de charges, des mesures pour les jeunes (garantie jeunes et bourses), l’aide alimentaire, les stations de ski, les aéroports ou La Poste.

Plan de relance

Pour tenter de faire face, ce PLF comprend le plan de relance du gouvernement, une enveloppe annoncée de « 100 milliards d’euros » jusqu’en 2022.

En 2021, la mission « plan de relance » en tant que telle compte 22 milliards d’euros de crédits, répartis autour de trois « piliers » : « écologie », « compétitivité » et « cohésion des territoires ». Elle comprend notamment 3 milliards pour la rénovation énergétique des bâtiments en 2021.

En matière de cohésion, 4 milliards d’euros sont fléchés à destination des « jeunes », notamment pour leur entrée dans la vie professionnelle.

Impôts de production

Ce PLF concrétise un engagement de la majorité défendu avant la crise du Covid : la baisse de 10 milliards d’euros des impôts de production des entreprises

Cette mesure de compétitivité a donné lieu à de vifs débats dans l’hémicycle, la gauche critiquant un dispositif favorable aux « grandes entreprises » et l’absence de toute « contrepartie écologique ou sociale ».

Le sujet des contreparties aux aides de l’État a été discuté jusque dans la majorité qui demande finalement aux entreprises de plus de 50 salariés d’améliorer leu « performance » en matière « écologique, de parité et de gouvernance », avec divers indicateurs – une mesure jugée « gadget » par la gauche.

Les associations d’élus locaux se sont quant à elles inquiétées de l’impact de ces baisses d’impôts sur les ressources des collectivités.

Malus automobile

Ce budget 2021 renforce le malus CO2 pour l’achat de véhicules polluants, mais moins vite que prévu. Depuis février, ce dispositif vise tous les véhicules émettant plus de 138 grammes de CO2 au kilomètre et monte jusqu’à 20 000 euros pour l’achat des plus polluants. Le gouvernement a lissé sur trois ans son durcissement, avec un seuil de 133 grammes en 2021, 128 g en 2022 et 123 g en 2023, et une hausse du plafond du malus de 10 000 euros par an.

Dans le même temps, le gouvernement a voulu envoyer un gage à la Convention citoyenne pour le climat en mettant en place à partir de 2022 un malus au poids pour les véhicules les plus lourds. 

Ce dispositif visera les véhicules de plus de 1 800 kg, hors électriques ou hybrides rechargeables. Le seuil de 1,8 tonne exclut de fait la plupart des modèles français et est contesté par les associations écologistes. La Convention citoyenne prônait un malus dès 1,4 tonne.

Justice

Côté ministères, la hausse du budget de la justice (+ 8 %, + 600 millions) est mise en avant par le gouvernement. Le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a vanté un budget « exceptionnel et historique », arraché « avec les dents », mais l’opposition n’y voit qu’un simple « rattrapage » après des années de disette.

La gauche a critiqué en revanche des suppressions de postes dans certains ministères, citant régulièrement celui de la Transition écologique (- 947 postes).

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