Les départements avec métropole ont des budgets par habitant inférieurs aux autres

Publié aujourd'hui à 14h00 - par

Une récente étude de la DGCL ausculte les finances des 27 conseils départementaux dotés d’une métropole.

Les départements avec métropole ont des budgets par habitant inférieurs aux autres
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Les départements dotés d’une métropole affichent des volumes budgétaires par habitant inférieurs à ceux des départements ne comprenant pas de métropole, tant pour les dépenses que pour les recettes, en fonctionnement comme en investissement, révèle une étude publiée fin mars 2026 par la Direction générale des collectivités locales (DGCL). La France métropolitaine compte 21 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) ayant le statut de métropole, auxquels vient s’ajouter la Métropole de Lyon, collectivité à statut particulier. Ces 22 métropoles sont présentes dans 27 départements (la Métropole du Grand Paris s’étale sur plusieurs départements), sujets de l’étude.

Des volumes budgétaires par habitant inférieurs

Généralement plus peuplés, plus jeunes et plus exposés aux inégalités sociales, les départements hébergeant une métropole présentent des spécificités qui se reflètent dans leur situation financière. Ainsi, leurs dépenses de fonctionnement par habitant (1 013 euros/hab. en 2024) sont inférieures de – 6,8 % à celles des départements sans métropole (1 087 euros/hab.). II en va de même pour leurs recettes de fonctionnement (1 057 euros/hab.), avec un écart plus prononcé avec les départements sans métropole (- 10,6 %). En matière d’investissement, ces écarts sont encore plus marqués, pointe l’auteur de l’étude : les départements avec métropole présentent des dépenses et des recettes d’investissement par habitant nettement plus faibles, respectivement de – 16,4 % et -30,1 %, inférieures à celles des départements sans métropole « soulignant un effet de population important. »

Moins de dépenses d’action sociale, plus de dépenses de RSA

Avec plus de 700 euros par habitant, la santé et l’action sociale constituent le premier poste de dépenses par fonction des départements, rappelle la DGCL. En 2024, elles représentaient 65,7 % des dépenses de fonctionnement des départements, soit 45,9 milliards d’euros. Les départements dotés d’une métropole y consacrent des montants légèrement inférieurs à ceux observés dans les territoires sans métropole : 62,8 % des dépenses de fonctionnement pour les premiers contre 68,8 % pour les seconds. Cet écart s’observe principalement dans deux domaines des politiques sociales, souligne l’auteur de l’étude : la famille et l’enfance, où la dépense par habitant s’élève à 164,2 euros dans les départements avec métropole contre 172,1 euros dans ceux qui en sont dépourvus, ainsi que les personnes âgées, avec des dépenses d’APA inférieures d’une vingtaine d’euros par habitant dans les départements avec métropole (103,1 euros par habitant dans les départements avec métropole, contre 125,6 euros dans les autres). L’étude enregistre également des écarts dans les dépenses dédiées aux personnes âgées hors APA (36,3 euros par habitant contre 41,1 euros pour les départements sans métropole). « Ils reflètent en partie les disparités de composition démographique de ces territoires », comment son auteur.

À l’inverse, les départements avec métropole présentent des dépenses de RSA plus élevées (164 euros par habitant contre 157,9 euros par habitant), en raison, notamment, d’une concentration accrue de la pauvreté dans les grandes agglomérations. De fait, les 100 plus grandes villes regroupent un tiers des personnes pauvres pour seulement 20 % de la population, rappelle la DGCL.

Des logiques de dépenses divergentes

L’étude révèle des dynamiques opposées entre les deux groupes de départements, s’agissant du lien entre dépenses par habitant et niveau de population. Dans les départements dotés d’une métropole, les dépenses augmentent avec la taille de la population. Cette évolution tient vraisemblablement à un effet de centralité, avance son auteur : ces territoires forment des bassins de vie plus larges, dépassant les frontières départementales, créant un écart entre population présente et population résidente. Ce mécanisme d’attractivité (ou métropolisation) accroît l’intensité d’usage des services et des infrastructures. Il en résulte une hausse mécanique des dépenses de fonctionnement.

À l’inverse, dans les départements sans métropole, les territoires les moins peuplés présentent souvent des dépenses par habitant plus élevées. La présence d’infrastructures et de services pour une population réduite accroît mécaniquement la charge par habitant, indépendamment de l’intensité des besoins. Les coûts fixes (implantations, personnels incompressibles) se répartissent eux aussi sur un nombre réduit de résidents, ajoute l’étude.

S’agissant des recettes, bien que les départements avec métropole profitent d’un marché immobilier plus dynamique, qui soutient fortement leurs recettes de droits de mutation à titre onéreux (DMTO), les autres recettes fiscales et les concours financiers de l’État bénéficient prioritairement aux départements sans métropole. Enfin, si leur endettement par habitant se révèle plus faible, leur délai de désendettement demeure plus élevé, en raison d’une épargne brute sensiblement plus favorable dans les départements sans métropole, constate la DGCL. Malgré ces contrastes, la comparaison entre départements aux profils similaires, les uns dotés d’une métropole et les autres dépourvus, fait apparaître un rapprochement de leurs structures financières, à l’exception des recettes, précise l’auteur de l’étude.


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