Nord: le nouveau président du conseil général défend l’investissement local

Finances locales

Le nouveau président du conseil général du Nord, Didier Manier (PS), succédant à Patrick Kanner entré au gouvernement, a plaidé lundi 22 septembre pour l’investissement public local que menace, selon lui, la baisse constante des subsides du gouvernement.

« Le maintien de l’investissement public local est le vrai plan de relance ! » a-t-il lancé devant l’assemblée départementale, alors qu’il venait d’être élu par 50 voix contre 25 pour le candidat de la droite Alain Poyart, outre 4 blancs ou nuls. « Je n’aurai de cesse de rappeler ces chiffres : les communes, départements et régions ne sont responsables que de 9,5 % de la dette nationale alors qu’ils assurent 75 % de l’investissement public et font tourner 50 % de l’activité du BTP », a expliqué M. Manier, 52 ans, qui était premier vice-président du conseil général, chargé des transports et des infrastructures.

Or, selon lui, la réduction projetée des subsides de l’État à son département, le plus peuplé de France, – quelque 38 millions d’euros de moins en 2015 sur une enveloppe d’environ 600 millions d’euros -, va mettre en péril son programme d’investissement, en aggravant la disproportion croissante entre les compétences du conseil général et les moyens dont il dispose.

Sur les 900 millions d’euros nécessaires pour couvrir le versement par le conseil général des trois allocations que l’État a mises à sa charge – le RSA, l’aide aux personnes âgées (APA) et celle aux handicapés (PCH) – il manque 400 millions, non compensés par le pouvoir central, selon les données communiquées par ses services.

Du coup, le budget d’investissement du Nord est passé de 385 millions d’euros en 2012, à 320 millions d’euros en 2013 puis 280 millions d’euros prévu en 2014, soit 100 millions d’euros de baisse en trois ans, alors qu' »1 million d’euros correspond à 10 emplois », dit l’entourage de M. Manier.

« Cette réduction drastique des investissements ne peut qu’entraîner des difficultés pour des entreprises, avec au bout plus de chômeurs et plus de prestations », a affirmé ce dernier à la presse.

« Notre déficit est structurel depuis 10 ans. Sans autonomie financière, et donc politique, à quoi bon être élu local ? » a-t-il demandé, évoquant la réforme territoriale en discussion au Parlement.

Présent à ses côtés, son prédécesseur, M. Kanner, nommé en août ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, a promis son soutien au conseil général qu’il a présidé depuis 2011, évoquant notamment une meilleure « péréquation » entre départements riches et moins favorisés.

 

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