La FHF réclame la création d’un « fonds vert » doté d’un milliard d’euros

Publié le 9 septembre 2026 à 14h00 - par

La Fédération hospitalière de France (FHF) a tenu le 8 septembre 2026 sa conférence de rentrée. L’occasion de formuler ses attentes et ses priorités financières pour 2027.

La FHF réclame la création d'un "fonds vert" doté d'un milliard d'euros
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C’est la création d’un « fonds vert » que revendique prioritairement la FHF. Doté d’un milliard d’euros par an, hors objectif national des dépenses de l’Assurance maladie (Ondam), il serait « destiné aux établissements sanitaires et médico-sociaux publics ainsi qu’aux facultés de santé, et mobilisable dès le début de l’année prochaine », a précisé Arnaud Robinet, son président. Son fléchage serait double : adapter les établissements aux conséquences du changement climatique et accélérer leur transition écologique. Sa mise en œuvre s’articulerait autour de trois fonctions :

  • engager les travaux d’adaptation déjà identifiés tels que l’isolation thermique, les protections solaires, la ventilation, le rafraîchissement des locaux ;
  • améliorer les projets de construction ou de rénovation déjà programmés afin de renforcer leur performance climatique et énergétique ;
  • acquérir les solutions de production de froid décarbonées : réseaux de froid, « géocooling », « thermofrigopompes » et équipements fixes ou mobiles de rafraîchissement et de climatisation nécessaires avant les premiers épisodes de chaleur de 2027.

Des conditions de travail à revoir

Cette demande est formulée alors même que les établissements publics sanitaires, sociaux et médico-sociaux ont dû, cet été, faire face à la multiplication des épisodes de fortes chaleurs et à la vague d’incendies. Comme l’a rappelé la FHF, fin août 2026, la France avait vécu 52 jours de canicule intense. Plus de 7 300 décès en excès ont par ailleurs été recensés pendant ces différentes périodes. Face à cette réalité, « les équipes ont adapté leur organisation pour maintenir les soins, pour protéger les résidents, assurer la continuité de toutes les prises en charge, a souligné Arnaud Robinet. C’est un tour de force humain et organisationnel. » « Pendant les épisodes caniculaires, l’activité a augmenté en moyenne jusqu’à 40 % pour les Samu avec de grosses variations territoriales pouvant aller jusqu’à 60/70 %, et une augmentation d’activité jusqu’à 30 % dans les services d’urgence », a fait savoir le Dr Yann Penverne, président de Samu-Urgences de France. 67 % des CH et CHU ont eu recours aux heures supplémentaires et 52 % au temps de travail additionnel. « L’été 2026 n’est pas seulement un épisode exceptionnel, c’est aussi un révélateur de la fragilité de notre système de soins face aux crises climatiques, a-t-il ajouté. Les canicules viennent exacerber des difficultés structurelles déjà connues. » Samu-Urgences de France et la FHF attendent ainsi des pouvoirs publics des actions concrètes, avec notamment la création de ce « fonds vert », afin de permettre aux établissements publics de santé de disposer des moyens d’agir.

Amélioration de la production et baisse de l’absentéisme

Cette conférence de rentrée a aussi été l’occasion pour la FHF de formuler ses attentes concernant le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 dans l’objectif de préserver la performance et de sécuriser la trésorerie des établissements hospitaliers. « La situation financière des établissements publics demeure profondément dégradée, a rapporté Zaynab Riet, déléguée générale de la  FHF. Après avoir atteint près de 3 milliards d’euros en 2024, leur déficit devrait encore se situer aux alentours de 2,3 milliards en 2025. » Une situation qui s’explique notamment par un sous-financement structurel des dépenses de personnel estimé par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) à 1,7 milliard d’euros. Cette réduction du déficit résulte toutefois de la forte progression de l’activité et des efforts déjà accomplis par les hôpitaux. Comme l’a rappelé la FHF, le nombre de séjours, hors obstétrique, a augmenté de 10 % en deux ans, tandis que les effectifs ont progressé de 1,5 %. La dynamique d’activité se poursuit avec + 5,2 % de séjours au cours du premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025. « Ces chiffres établissent clairement les cas de productivité réalisés par l’hôpital public », a-t-elle observé. Cette dynamique favorable se traduit également dans l’évolution de l’absentéisme. En 2022, il avait atteint 11,1 %. Il s’établit à 9,3 % en 2025 au global et même à 8,6 % dans les CHU. « Cette évolution témoigne des efforts qui sont engagés pour recruter, pour améliorer les conditions de travail, d’exercice et stabiliser ainsi que fidéliser les équipes », a soutenu Zaynab Riet avant de poursuivre : « Cette amélioration est réelle, mais elle demeure fragile. Notre responsabilité est de la conforter et certainement pas de la compromettre par de nouvelles mesures d’économie indifférenciées. »

Sécuriser la situation financière des établissements hospitaliers

Pour la FHF, les principaux gisements d’efficience se trouvent désormais à l’échelle de l’ensemble du système de santé. Car les conséquences de l’instabilité financière se font d’abord ressentir sur le taux d’investissement des établissements hospitaliers de l’ordre de 5 % ; un niveau insuffisant pour la FHF qui estime que le taux cible d’investissement doit être compris entre 7 % et 9 %.

Par ailleurs, derrière le déficit des hôpitaux se développe une autre urgence : la trésorerie. Les déficits accumulés année après année épuisent progressivement les réserves des établissements qui se traduisent certes par le retardement des projets d’investissement, mais aussi par l’allongement des délais de paiement des fournisseurs. « Nous voyons apparaître un risque systémique, celui d’établissements confrontés à de graves difficultés pour honorer leurs échéances et d’entreprises qui, faute de paiements suffisamment rapides, sont déstabilisées ou renonceraient à répondre aux marchés publics hospitaliers, a alerté Zaynab Riet. La conséquence serait très concrète avec moins d’entreprises candidates, des marchés plus coûteux, des travaux retardés et des approvisionnements fragilisés. La question n’est donc plus seulement comptable. »

Des réponses dans le PLFSS 2027

La FHF mise sur le PLFSS 2027 pour apporter une première réponse avec une progression de l’Ondam hospitalier de + 3,2 %, hors compensation de l’augmentation des cotisations de la caisse retraite des collectivités locales (CNRACL) et des mesures nouvelles ciblées. Le secteur médico-social public doit « lui aussi disposer des moyens nécessaires pour protéger les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, améliorer leurs conditions d’accompagnement et préparer la progression des besoins liés au vieillissement de la population », a soutenu Zaynab Riet. La FHF plaide pour que l’Ondam autonomie soit fixé à + 4,3 % pour permettre « la poursuite des engagements pluriannuels dans le champ du handicap et des personnes âgées ».

« La FHF mesure, bien sûr, pleinement les contraintes qui pèsent sur les finances publiques, a reconnu Arnaud Robinet. Nous savons que des économies sont nécessaires et nous affirmons que celles-ci sont possibles par la pertinence des soins, la prévention, une meilleure organisation territoriale et une contribution équitable de tous les acteurs de la santé. Les choix politiques à venir devront donc intégrer ce prérequis, celui d’un hôpital public conforté dans ses missions, sans oublier de consolider les solidarités territoriales qui s’érodent actuellement. » À quelques mois de l’élection présidentielle, la FHF sera « au combat » pour porter cette refondation du système de santé « et nous demanderons à l’ensemble des candidats de s’engager à faire adopter une loi de programmation en santé dès l’automne 2027 », a conclu Arnaud Robinet.

Laure Martin


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