Quel bilan pour la formation des emplois d’avenir ?

Fonction publique

La Dares a publié en octobre 2016 une étude pour évaluer l’impact de l’obligation de formation des emplois d’avenir.

Accessibles aux jeunes de 16 à 25 ans depuis le 1er janvier 2013, les emplois d’avenir visent à fournir une première expérience professionnelle. Ils s’adressent aux jeunes peu diplômés et ayant des difficultés d’accès à l’emploi. L’objectif de ces contrats aidés est de faciliter l’insertion professionnelle en proposant un emploi à temps plein de longue durée incluant un projet de formation.

Les contrats signés sont longs, 56 % ont une durée d’au moins 3 ans, principalement sous forme de CDD dans le secteur non marchand et de CDI dans le secteur marchand. Ils sont à temps complet dans 88 % des cas. Le projet de loi de finances pour 2013 prévoyait le déploiement de 100 000 emplois d’avenir. Mais depuis le début du dispositif, 141 000 jeunes ont été recrutés et 14 000 ont vu leur contrat d’un an renouvelé, portant à 155 000 le nombre total d’entrées en emploi d’avenir. Un an après leur entrée en emploi d’avenir, trois quarts des bénéficiaires d’emplois d’avenir ont suivi une formation et près d’un sur deux une formation certifiante.

La montée en qualification des emplois d’avenir est une obligation légale

Les emplois d’avenir sont des CDI ou des CDD de trois ans, à temps plein. Pendant 36 mois, l’État s’engage à verser à l’employeur qui en recrute une aide à hauteur de 75 % du SMIC. Il appartient aux employeurs intéressés de vérifier auprès de Pôle emploi ou de la Mission locale que le poste envisagé entre bien dans le dispositif. Si c’est le cas, ils peuvent aussi leur demander des candidats potentiels ou bien effectuer eux-mêmes cette recherche. Une demande d’aide, comprenant un descriptif du poste ainsi que les actions de formation et d’accompagnement prévues, doit enfin être signée par l’employeur, le salarié et Pôle emploi ou la Mission locale.

La montée en qualification est une obligation légale pour les jeunes recrutés en emplois d’avenir. Elle est suivie par un tuteur désigné parmi les effectifs de l’employeur public et doit permettre aux jeunes de développer leurs compétences. Elle est complétée par une mise en pratique qui conduit à une certification valorisable sur le marché du travail et vise à une meilleure sécurisation des emplois. Tous les contrats doivent prévoir au moins une intention de formation. Après trois mois en emploi d’avenir, 92 % des jeunes disposent d’un engagement de formation formalisé.

Les formations certifiantes sollicitées correspondent dans la majorité des cas à une certification de qualification professionnelle, un titre professionnel, une habilitation ou un permis ou encore à un diplôme reconnu par l’Éducation nationale. Selon la Dares, « 47 % des jeunes ont suivi une telle formation pendant la première année de leur emploi d’avenir ». Le secteur non marchand facilite plus l’acquisition de formation pour les jeunes en emploi d’avenir que le secteur marchand. La formation obligatoire des emplois d’avenir a plus souvent bénéficié aux plus jeunes et aux moins diplômés.

Des actions de formation qui ont pleinement joué leur rôle

La durée moyenne de formation est de 26 jours la première année pour ceux qui y accèdent. Les formations les plus longues en durée sont celles qui préparent à un titre professionnel ou à un diplôme de l’Éducation nationale (38 et 54 jours la première année). À l’opposé, les habilitations sont dispensées sur de plus courtes durées, avec en moyenne 8 jours de formation Lorsqu’ils présentaient des difficultés scolaires, les jeunes en emploi d’avenir ont du également suivre des formations non certifiantes de remise à niveau dans les matières générales. Il y a moins de réussite pour les diplômes de l’Éducation nationale que pour les certifications de qualification professionnelle.

Si les femmes sont majoritaires dans les métiers qui ont les taux d’accès à la formation les plus élevés, elles ont moins souvent eu accès à une formation certifiante pendant leur première année en emploi d’avenir. 40 % des femmes ont accédé à une formation longue contre 61 % des hommes. Paradoxalement pour les emplois des métiers du transport et de la logistique, 57 % des femmes ont accédé à une formation certifiante contre 40 % des hommes. Un an après leur entrée en emploi d’avenir, près d’un sur deux emplois d’avenir a suivi une formation certifiante et trois quarts des bénéficiaires ont suivi une formation. Cela leur permettra d’attester de ces nouvelles compétences auprès de futurs employeurs.

Les actions de formation et d’accompagnement professionnel des emplois d’avenir ont pleinement joué leur rôle notamment sur le plan de l’aide à la prise de poste. Elles ont été une aide à la consolidation des projets professionnels des emplois d’avenir et ont contribué à l’évaluation et à la régulation de leurs capacités et compétences. Enfin, des actions d’accompagnement social ont également permis de stabiliser les jeunes recrutés non seulement sur un plan professionnel mais également sur un plan social. Pratiquement tous les emplois d’avenir embauchés depuis 2013 sont aujourd’hui plus diplômés qu’ils ne l’étaient à la date de leur recrutement.

 

Source : Les jeunes en emploi d’avenir : quel accès à la formation, pour quels bénéficiaires ?, Dares Analyse, octobre 2016

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