Un projet pilote de forêt cinéraire en suspens en Haute-Garonne

Funéraire

Un projet, pilote en France, de forêt cinéraire a été suspendu dans l’attente d’une analyse juridique du ministère de l’Intérieur, a-t-on appris mercredi 6 novembre 2019 auprès de la mairie d’Arbas, à l’origine de l’initiative, en Haute-Garonne.

Le concept, notamment déjà mis en place en Allemagne, offre aux personnes ayant choisi l’incinération de faire reposer leurs cendres au pied d’une quarantaine d’arbres dédiés dans une forêt située à quelque mille mètres d’altitude propriété de cette petite commune pyrénéenne.

« La sous-préfète de Saint-Gaudens nous a dit la semaine dernière de mettre le projet en stand-by en attendant un courrier du ministère de l’Intérieur », a expliqué à l’AFP la maire d’Arbas, Sylvie Simpson. « Mais nous n’avons toujours rien reçu, et ne savons pas à quoi nous attendre ».

Ce nouveau coup de frein est intervenu selon elle après un premier « appel à la prudence » que la sous-préfète lui avait adressé lors d’une réunion en septembre, en lui indiquant que le dossier serait transmis au ministère de l’Intérieur.

Une « analyse juridique est en cours au ministère de l’Intérieur, qui n’a donc pas encore statué », a pour sa part indiqué la préfecture de Haute-Garonne, selon laquelle « seul un conseil de prudence a été adressé à la mairie ».

Dans l’immédiat, l’attente remet en cause la tenue de la première cérémonie censée inaugurer la forêt cinéraire, avec l’inhumation de cendres au pied d’un arbre le 18 novembre, a souligné à l’AFP la conseillère municipale Céline Salviac Malbert, très engagée dans le projet.

« Est-ce qu’on est hors la loi, je ne sais pas, mais il aurait fallu le relever avant », a-t-elle estimé, soulignant que la délibération du conseil municipal lançant le projet en début d’année « avait été validée sans problèmes par la sous-préfecture ».

« De notre point de vue, nous avons un dossier solide légalement », qui jusque là n’avait pas rencontré d’opposition, a aussi relevé Élia Conte Douette, une juriste en environnement qui a créé l’opérateur du site, CIME’TREE.

La maire se veut toutefois « sereine » : « avec ce projet nous allons faire jurisprudence, on peut comprendre qu’un peu de temps soit nécessaire pour bien border les choses ».

Selon Mme Conte Douette, l’initiative a suscité un vif engouement, avec déjà une cinquantaine de concessions vendues. Au départ, 216 étaient prévues et leur nombre pourrait augmenter si finalement le projet est débloqué.

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