Amal Couvreur : “L’accueil de services civiques constitue une bouffée d’air frais !”

Publiée le 6 janvier 2026 à 15h10 - par

Depuis dix ans, les services du conseil départemental du Gard ont accueilli pas moins de 350 jeunes volontaires en services civiques, et cela dans des domaines très variés. Amal Couvreur, sa vice-présidente déléguée à la Politique de la ville, voit beaucoup d'intérêt dans cette expérience. « Une école de la vie civique » pour les jeunes mais aussi « une énergie nouvelle et un regard différent » apportés aux équipes et aux agents.
Amal Couvreur : “L'accueil de services civiques constitue une bouffée d'air frais !”

Crédit Photo © CD30

La politique d’accueil de services civiques par le conseil départemental est déjà ancienne. Pourquoi ce choix ? Constitue-t-elle une satisfaction ?

Oui, elle constitue un vrai motif de fierté. L’intérêt général guide nos actions, et permettre aux jeunes Gardois de s’engager en service civique, c’est leur offrir une première expérience utile, concrète, au service du territoire. C’est gagnant pour eux, comme pour les structures qui les accueillent. En s’impliquant dans des missions locales, ces jeunes deviennent des acteurs de solidarité et d’inclusion. Je le vois : ils en ressortent grandis, plus confiants, plus conscients de leur rôle de citoyens.

Y-a-t-il eu une évolution de cet accueil au fil des années ?

Depuis 2016, le conseil départemental a accueilli 350 jeunes dans des domaines très variés : social, sport, culture, environnement, communication. En 2021, nous représentions déjà 60 % des services civiques des collectivités d’Occitanie. Aujourd’hui encore, nous recrutons chaque année une vingtaine de jeunes, sur huit mois.
Nous avons structuré le dispositif autour de six grands thèmes : solidarité, culture et loisirs, éducation pour tous, sport, environnement, mémoire et citoyenneté. Ces domaines traduisent ce qui fait l’ADN du conseil départemental : la proximité et l’action concrète sur le terrain.

Quels sont les apports de cette expérience pour les jeunes ?

Ils y trouvent une véritable école de la vie civique. En plus de leur mission, ils suivent une formation citoyenne sur des sujets essentiels comme l’égalité femmes-hommes, le développement durable ou la lutte contre les discriminations. Beaucoup passent aussi leur BAFA grâce à un financement du conseil départemental : plus de quinze jeunes en trois ans.
Nous avons aussi instauré des moments d’échanges entre eux et les élus sur des sujets actuels : santé mentale, précarité, numérique… Ces discussions sont souvent très riches. Enfin, le service civique les aide à tisser un réseau, premier pas vers un emploi ou une formation.

S’agit-il aussi de mieux faire connaître les missions du conseil départemental ? Voire de donner envie aux jeunes d’y travailler ?

Bien sûr ! En découvrant le fonctionnement d’une collectivité, les volontaires mesurent combien le service public est concret : on agit, on aide, on fait avancer les choses. C’est une immersion qui leur donne confiance et autonomie.
Nous proposons aussi des missions en intermédiation : cela permet à de petites communes, parfois dépourvues d’agrément, d’accueillir des jeunes grâce à notre appui. C’est très important pour l’équité territoriale : les jeunes ruraux comme les territoires modestes doivent pouvoir bénéficier de cette expérience. Cela renforce notre maillage local et notre politique de proximité.

Quels sont les bénéfices de cette expérience en interne, auprès des services et des agents ?

C’est une bouffée d’air frais ! Les volontaires apportent une énergie nouvelle, un regard différent. Ils dynamisent les équipes et encouragent les agents à transmettre leur savoir-faire. Le tutorat, la pédagogie, la gestion de projets : toutes ces compétences se développent autour d’eux.
Et leurs missions ont un impact direct sur la vie des habitants : médiation, sensibilisation, accompagnement… Ce sont des passerelles humaines. Chaque année, je suis bluffée par leur motivation. Le service civique, c’est un dispositif tourné vers autrui : ils nous apprennent autant que nous leur apprenons.

Propos recueillis par Philippe Pottiée-Sperry

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