L’ANDEV, laboratoire d’innovations dans le champ de l’Éducation

Jeunesse

Membre fondateur de l’ANDEV qui fête ses 25 ans, Hubert Taglang livre ses souvenirs du congrès de Strasbourg.

Hubert Taglan

L’appel de Francis Oudot un après-midi de Tour de France dans les cols alpins m’a non seulement rajeuni, mais rappelé tout un pan de mon existence forcément un peu enfoui dans ma mémoire. Et force est de constater qu’en un peu plus de 40 ans à la Ville et Communauté urbaine de Strasbourg, les 8 années (couvrant à peu de choses près la période du mandat de maire de Mme Trautmann) passées à la Direction de l’Éducation étaient certainement les plus intenses tant en stress et difficultés qu’en plaisirs et satisfactions.

Une nouvelle municipalité venait d’être installée, le désir de changements était profond, des moyens étaient débloqués, l’inventivité pouvait s’exprimer. Et j’ai eu la chance inouïe de tomber sur une équipe extraordinaire où les quelques nouveaux arrivants ont été accueillis et se sont intégrés dans l’équipe existante de manière remarquable.

À quelques détails près, de ceux que l’on efface avec le temps comme les mauvais moments du service militaire, tout était réuni pour faire avancer les choses. Et les réalisations n’ont pas tardé : nouvelle construction et agrandissement de locaux, augmentation au forceps de l’offre de restauration, création de bibliothèques-centres de documentation (BCD), rénovation de cours d’écoles et de salles de jeux, équipement informatique des établissements et informatisation des inscriptions,  décentralisation de la gestion des crédits scolaires, actions de soutien scolaire et organisation d’animations, évolution des garderies d’écoles maternelles en centres d’animation et de loisirs maternels (CALM) , création des courses du Kilomètre Solidarité, etc. C’est dans ce contexte qui survint la proposition de nos collègues Montier, Coquillot et quelques autres de créer ce qui allait devenir l’ANDEV. Pour ma part, une réponse positive me semblait aller de soi et très rapidement l’association vit le jour et trouva une première concrétisation avec le congrès de Rennes en 1992, puis de Dijon en 1993. Strasbourg, quant à elle, avait beau être le siège de nombreuses institutions européennes, il lui fallait comme cerise sur le gâteau son congrès des Directeurs de l’Éducation, ce que je proposai pour l’année suivante. Avec la quasi unanimité des collègues et l’accord immédiat de Catherine Trautmann, l’affaire fut lancée pour 1994 avec comme thème central : Évaluation et redéploiement de l’Action éducative des Villes. Quel Service éducatif de qualité pour demain ?
Ainsi, les 6,7 et 8 avril, la rencontre débuta par un exposé au Palais de l’Europe sur les politiques éducatives dans les différents pays européens puis, en dehors des différents ateliers, le thème fut l’occasion de nombreux échanges entre les participants et d’un grand débat avec notamment les représentants des principales Fédérations de parents d’élèves et des personnalités qualifiées comme la déléguée de la Direction interministérielle de la Ville. Je crois savoir que la séance de synthèse a été riche d’enseignements et que l’intervention brillante par laquelle Catherine Trautmann nous a donné son point de vue sur le sujet traité a été particulièrement appréciée.

Et puis, il y avait l’organisation du congrès à proprement parler qui fut pour moi l’occasion de me rendre compte à quel point la cohésion et le dynamisme de mon équipe que je vantais plus haut n’étaient pas exagérés. Tout le monde s’attela à la tâche : le secrétariat se mua en agence-conseil de voyage, les cadres firent fonctionner leur carnet d’adresses, faisant jouer qui ses contacts  universitaires, qui  ses relations dans le tourisme, la restauration, la viticulture, voire la faïencerie artisanale, l’atelier du Service déploya ses talents pour transformer une salle de jeux en village alsacien, l’association des concierges étala son savoir-faire dans la confection des tartes flambées…

Pour en revenir à l’ANDEV, le caractère convivial et décontracté de nos rencontres ne les empêchait pas d’être studieuses et productives. Ainsi, parmi les innovations, je crois pouvoir dire que Strasbourg fut l’un des précurseurs en matière d’activités périscolaires organisées dés 1997/98 dans le cadre de l’aménagement des rythmes scolaires de cette époque. Six groupes scolaires de quartiers sensibles purent bénéficier d’activités de qualité, nombreuses et variées, préfigurant la réforme « Peillon » de manière volontaire, réfléchie et concertée bien que malheureusement onéreuse, freinant la généralisation de l’expérience, parfaitement réussie au demeurant.

Tout cela est à présent bien loin pour moi, mais je souhaite néanmoins un excellent anniversaire et une longue vie à l’ANDEV avec une pensée toute particulière aux anciennes et anciens qui ont connu le congrès de Strasbourg.

Hubert Taglang

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