À Menton, la ville lance une mutuelle communale en réponse à la crise sanitaire

Lutte contre les exclusions

Menton, ville relativement cossue de la Côte d’Azur, a lancé au début du mois une mutuelle communale qui pourait être prochainement étendue et proposée aux 70 000 habitants de son agglomération, en réponse à la crise sanitaire du Covid-19, a-t-on appris mardi 23 mars 2021 auprès de la municipalité LR.

« Vu la crise sanitaire, on s’est aperçu que les gens hésitaient à se soigner, pour les plus jeunes », décrit à l’AFP le Dr Patricia Martelli, adjointe à l’Action sociale et à la Santé. « Pour les plus anciens, qui ont besoin de prothèses dentaires et oculaires, on part du principe que la Sécurité sociale ne pourra plus tout payer car elle engage des frais tels que ça va créer un déficit abyssal ».
 
« Au départ, c’était pour les gens qui n’ont pas de mutuelle. Mais à l’arrivée, c’est pour des gens qui nous disent qu’ils ne peuvent plus payer la leur », observe l’élue LR, adjointe du maire Jean-Claude Guibal, 80 ans, réélu pour un sixième mandat en 2020. 
 
Contrairement à beaucoup de communes de la Côte d’Azur, Nice et Cannes notamment où le taux de pauvreté est supérieur à la moyenne nationale, Menton connaît un taux de pauvreté de 15 %.
 
Seule dans le département des Alpes-Maritimes acquis à la droite à proposer sa propre complémentaire santé, Menton n’investit aucun argent public dedans. La ville est seulement partenaire et a signé une convention avec l’association Mut’Com à laquelle près de 200 villes de France adhèrent. 
 
Celle-ci « négocie les contrats avec plusieurs mutuelles pour avoir les tarifs les plus bas en fonction du profil », détaille Mme Martelli. « Il n’y a pas ni questionnaire médical ni conditions de ressources et des petits plus, la gratuité au troisième enfant, une participation pour la licence sportive ».
 
« On avait à peine lancé ça sur nos réseaux sociaux qu’on avait déjà une cinquantaine de personnes qui téléphonaient », principalement des demandeurs d’emploi, des personnes âgées, souvent veuves, des étudiants, ajoute l’élue LR, qui table à terme sur 2 000 à 4 000 adhérents, les partenaires mutualistes estimant le potentiel jusqu’à 10 000 clients sur 30 000 habitants.

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