Crise post-covid : l’État organise l’aide alimentaire avec associations et collectivités

Lutte contre les exclusions

Le gouvernement a annoncé, mardi 8 septembre 2020, la création du premier comité national de lutte contre la précarité alimentaire reliant plusieurs ministères, les collectivités locales et les mouvements associatifs, pour coordonner l’aide aux populations précaires touchées par la crise.

L’instance informelle se réunira régulièrement sous les auspices de la direction générale de la cohésion sociale, un département interministériel chapeautant la prise en charge des populations vulnérables, afin de « créer un espace de dialogue durable entre les acteurs de la lutte contre la précarité alimentaire, de dresser un état des lieux partagé et de faire le retour d’expérience de la crise du Covid-19 », indique le gouvernement dans un communiqué mardi soir.

Le comité a été créé en présence d’Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et Emmanuelle Wargon, ministre du Logement.

Les trois ministres ont rappelé que le plan de relance comportait plusieurs dispositifs de solidarité face à la crise : Olivier Véran a souligné un plan de soutien de 100 millions d’euros pour les associations de lutte contre la pauvreté, sous la forme d’un appel à projet qui comportera un volet national et un volet territorial.

Le ministère de l’Agriculture va consacrer pour sa part 30 millions d’euros dans le plan de relance à une opération baptisée « paniers fraîcheur » visant à rendre accessibles aux populations précarisées des produits alimentaires locaux, au niveau départemental, via des subventions publiques.

Mme Wargon a indiqué que son ministère allait consacrer 10 millions d’euros, également issus du plan de relance, pour la création de « cuisines solidaires » dans des tiers lieux pour les personnes en grande exclusion, notamment celles hébergées à l’hôtel.

Au total en 2020, l’État français aura consacré 275 millions d’euros à l’aide alimentaire, une grande partie à titre exceptionnel en raison de la crise du Covid-19. En 2019, le montant des budgets comparables s’était élevé à 114,5 millions d’euros.

Cet été, une rallonge de 55 millions d’euros a notamment été débloquée pour des « tickets services » permettant à des sans-abri ou des ménages fragilisés par la crise sanitaire d’acheter des produits de première nécessité.

Avant la crise du Covid, fin 2019, quelque 9,3 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France, selon l’Insee, et près de 5 millions avaient recours à l’aide alimentaire, dont de plus en plus d’étudiants.

La première réunion du comité aura lieu début décembre 2020.

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