Vieillissement : la CNSA propose une hausse de la CSG pour financer les aides à l’autonomie

Personnes âgées

Les besoins croissants d’aide à l’autonomie des personnes âgées, à domicile comme en Ehpad, devraient être financés dès 2023 par une hausse de 0,28 point de CSG, soit un effort de 4,35 euros par mois pour un salarié au Smic, a préconisé lundi 22 mars 2021 la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

Pour les personnes ayant de faibles revenus « je ne dis pas que c’est peu de choses, mais la Nation doit avoir ce débat : est-elle prête à un financement de cette nature pour accompagner la société de la longévité ? », s’est interrogée Marie-Anne Montchamp, la présidente de cet organisme qui gère les fonds dédiés à la dépendance et au handicap.

Cette augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) générerait 5 milliards d’euros de recettes à l’horizon 2030, selon les estimations du conseil de la CNSA. L’avis de la Caisse – révélé dimanche 21 mars par le média spécialisé Actualités sociales hebdomadaires (ASH) – avait été sollicité par le Parlement dans le cadre de la dernière loi de financement de la Sécurité sociale.

Le gouvernement a ouvert la voie l’an dernier à la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale pour faire face aux dépenses liées à la perte d’autonomie. Il a ainsi fait voter le principe d’un transfert à la CNSA, à partir de 2024, de 0,15 point de CSG, soit 2,3 milliards d’euros, mais sans augmentation de cette taxe. 

La hausse de 0,28 point de la contribution sociale généralisée (CSG) viendrait en surplus de cet effort, a expliqué Mme Montchamp, pour qui cette question doit être abordée à relativement court terme, car au vu des projections démographiques, « si nous ne sommes pas prêts en 2030, ça se passera très mal au-delà ».

La branche « autonomie » de la Sécurité sociale « ne peut être financée que par la solidarité nationale », a fait valoir la présidente de la CNSA, pour qui l’un des enjeux est de réduire le « reste à charge » demandé aux personnes âgées ou leurs familles. Actuellement, l’hébergement en maison de retraite est facturé quelque 2 000 euros par mois en moyenne, le résident devant payer de sa poche une partie des aides à l’autonomie.

L’instauration d’un nouveau financement pourrait permettre de corriger cette « anomalie du système », qui constitue une « grande injustice », a-t-elle plaidé, soulignant que les résidents ne devraient payer que pour « le gîte et le couvert ».

Indépendamment de la « cinquième branche » de la Sécurité sociale, le gouvernement devrait par ailleurs accompagner l’adaptation de la société au vieillissement, par exemple en subventionnant des travaux dans les logements, a ajouté Mme Montchamp. D’ici 2030, trois milliards d’euros par an devraient être consacrés à cette politique, selon elle. 

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