Protection de l’enfance : négociations pour « rénover » le métier d’assistant familial

Protection de l'enfance

Population vieillissante, au métier parfois peu considéré et à la rémunération souvent inégale, les assistants familiaux, qui accueillent chez eux des enfants placés, ont entamé jeudi 27 février 2020 des négociations avec l’État pour améliorer leur statut et leurs conditions de travail dans un secteur qui peine à se renouveler.

Cette négociation collective, qui réunit les représentants des professionnels concernés, les conseils départementaux et les employeurs, doit aboutir à une « feuille de route » à la rentrée prochaine, conformément à la « Stratégie nationale de prévention et de protection de l’enfance » annoncée en octobre par le gouvernement.

« Il y a pour moi urgence à agir », a déclaré le secrétaire d’État chargé de la Protection de l’enfance, Adrien Taquet, en ouverture de la première réunion de travail, faisant état « de tensions et de fragilités importantes » dans cette profession.

Face à une « précarisation statutaire et financière » et « le sentiment d’être souvent seuls à devoir gérer des souffrances et un mal-être de plus en plus importants de certains enfants protégés », les 50 000 assistants familiaux sont très demandeurs d’accompagnement, a souligné M. Taquet.

Fin 2017, quelque 76 000 mineurs et jeunes majeurs – soit plus de la moitié des enfants placés – étaient hébergés en famille d’accueil, selon la Drees. Mais la proportion d’assistants familiaux peut varier de 20 à 80 % selon les départements.

Manque d’attractivité du métier, problèmes de répartition géographique, pyramide des âges défavorable – les assistants familiaux, en majorité des femmes, ont 53 ans en moyenne -, rémunération inégale selon les employeurs (associations ou départements) devraient ainsi faire partie des sujets évoqués.

D’ici la fin de l’été, les différentes parties devront s’entendre sur quatre grandes thématiques : les conditions d’emploi, le soutien professionnel, les conditions matérielles, et les garanties d’exercice du métier.

Dans ce dernier point seront abordés notamment le droit au répit ou à un relais, difficile à obtenir lorsqu’on accueille en continu des enfants, et la possibilité d’un cumul emploi-retraite, ce qui permettrait aux jeunes de ne pas être contraints de changer de famille au moment du départ en retraite de l’assistant familial.

La question de la sécurité des enfants au sein de certaines familles devrait également être abordée. Depuis plusieurs années, des acteurs du secteur et des parlementaires réclament la création d’un fichier national des agréments, qui recenserait pour tout le territoire les refus, retraits et suspensions d’agréments, et éviterait de nouvelles embauches par d’autres départements ou structures.

Selon la Drees (service statistique des ministères sociaux), 310 assistants familiaux sur 50 000 ont perdu leur agrément en 2017, 140 autres ont vu leur agrément suspendu.

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