La réponse est nuancée. Elle dépend du cadre juridique applicable, du statut de l’agent et, surtout, des choix opérés par chaque employeur territorial.
Un principe juridique clair : un jour férié payé mais sans majoration automatique
Dans la fonction publique territoriale, les jours fériés sont en principe chômés et intégralement rémunérés. L’agent conserve son traitement indiciaire, ses primes et son régime indemnitaire habituel, comme s’il avait travaillé. Ce principe s’applique à l’ensemble des agents publics, titulaires comme contractuels, dès lors qu’ils ne sont pas mobilisés pour assurer la continuité du service public. Il constitue un socle de sécurité juridique en matière de rémunération.
Contrairement au secteur privé, où certaines conventions collectives peuvent prévoir des majorations pour travail un jour férié, aucune disposition du Code général de la fonction publique n’impose une majoration automatique dans la fonction publique territoriale. En conséquence, un agent qui travaille le lundi de Pâques ou le 8 mai perçoit, sauf disposition contraire, sa rémunération habituelle, sans complément indemnitaire. Le 1er mai se distingue toutefois des autres jours fériés en raison de son statut particulier de jour férié obligatoirement chômé en droit du travail.
Les modalités de compensation financière et de récupération
Dans la fonction publique territoriale, lorsque les nécessités de service imposent de travailler ce jour, les collectivités prévoient une compensation financière spécifique ou un repos compensateur majoré. En pratique, certaines optent pour un doublement de la rémunération indemnitaire, quand d’autres privilégient une récupération majorée. Ces pratiques, bien qu’hétérogènes, doivent être formalisées avec précision afin d’éviter toute insécurité juridique. Aucun dispositif uniforme n’étant prévu au niveau national, les modalités relèvent exclusivement de la délibération de la collectivité.
Activation de leviers indemnitaires : IHTS et indemnités d’astreinte
La rémunération du travail un jour férié repose sur des dispositifs indemnitaires existants activés par l’employeur territorial. Les principaux leviers mobilisables sont les indemnités horaires pour travaux supplémentaires (IHTS), les indemnités d’astreinte et d’intervention ainsi que les primes liées aux sujétions particulières. Ainsi, le bulletin de paie peut intégrer une indemnité spécifique, une majoration indirecte ou ne comporter aucune ligne supplémentaire, selon les choix de la collectivité.
Le statut de l’agent (fonctionnaire ou contractuel) peut influer, notamment via les clauses contractuelles, pour les non-titulaires. Le cycle de travail joue également un rôle déterminant : horaires fixes, annualisation, travail en roulement ou en équipes. Enfin, le positionnement du jour férié dans le planning est décisif. Un agent peut ainsi travailler un jour férié sans bénéficier d’une compensation spécifique, dès lors que ce jour est intégré dans son cycle normal de travail.
Arbitrage entre soutenabilité budgétaire et attractivité des métiers en tension
Les collectivités disposent d’une réelle marge de manœuvre pour organiser la compensation du travail les jours fériés. Deux approches principales coexistent. La première privilégie la compensation financière, souvent utilisée pour les métiers en tension, ou soumis à des contraintes fortes (médico-social, sécurité, services techniques). La seconde repose sur la récupération en temps, parfois majorée, permettant de préserver les équilibres budgétaires. Ce choix constitue un levier stratégique de politique RH. Il doit concilier attractivité des postes, équité entre agents, contraintes financières et sécurisation juridique des pratiques.
En matière de travail des jours fériés dans la fonction publique territoriale, il n’existe pas de droit automatique à un bonus de rémunération. Le principe demeure celui d’un traitement maintenu, sans majoration, sauf décision explicite de la collectivité.
