Professionnels de santé : améliorer la qualité de vie au travail

Sanitaire et social

Marisol Touraine lance une stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail de l’ensemble des professionnels de santé.

Avec le slogan « Prendre soin de ceux qui nous soignent », la ministre des Affaires sociales et de la Santé a présenté, le 5 décembre, une stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail aux représentants des professionnels de santé des établissements sanitaires et médico-sociaux. Marisol Touraine veut « faire de la qualité de vie au travail une priorité politique ». Le premier volet de cette stratégie concerne les professionnels médicaux et non médicaux exerçant en établissement sanitaires et médico-sociaux. Celle-ci est articulée autour de trois axes.

1/ Donner une impulsion nationale, pour porter une priorité politique

Une gouvernance nationale sera mise en place pour impulser, suivre et évaluer la démarche : création d’une mission et d’un observatoire national, mise en place d’un dispositif doté d’un médiateur national et de médiateurs régionaux.

La qualité de vie au travail et la détection des risques psychosociaux seront intégrés aux formations initiales des professionnels médicaux et paramédicaux.

30 millions d’euros seront consacrés, sur trois ans, à la généralisation d’équipes pluridisciplinaires (composées de psychologues, d’assistants sociaux et de conseillers en prévention des risques professionnels), à l’échelle des Groupements hospitaliers de territoire (GHT), pour renforcer les services de santé au travail.

Le métier de médecin du travail sera revalorisé.

Une concertation sera engagée avec les organisations syndicales pour adapter le régime indemnitaire et mieux valoriser les sujétions liées à la continuité des soins (travail le dimanche ou la nuit).

2/ Améliorer l’environnement et les conditions de travail des professionnels au quotidien

La qualité de vie au travail sera désormais inscrite dans le projet d’établissement et au niveau de chaque commission médicale d’établissement. Celle-ci sera placée « au cœur des politiques sociales », via la généralisation des baromètres sociaux, l’organisation de rendez-vous annuels et la mise à disposition d’outils pour mieux évaluer la charge en soins.

Par ailleurs, la sécurité des professionnels sera renforcée, et les réunions d’équipes et entretiens annuels individuels seront systématisés.

Enfin, la conciliation entre vie privée et vie professionnelle sera favorisée.

3/ Accompagner les professionnels au changement et améliorer la détection des risques psychosociaux

Le changement sera « expliqué et accompagné pour faciliter son appropriation » (généralisation d’une charte de l’accompagnement des professionnels en cas de restructuration, organisation d’actions de sensibilisation). Parallèlement, les cadres seront accompagnés dans leurs activités de management, avec la généralisation de méthodes d’encadrement et d’outils de gestion informatisée des plannings, la formation des faisant-fonctions de cadres et la définition de parcours professionnels.

De même, la détection et la prise en charge des risques psychosociaux seront améliorées. Au programme : diffusion d’outils de sensibilisation, mise en place d’un dispositif d’écoute offrant un soutien psychologique et de groupes d’expression, recueil et analyse des événements indésirables graves liés à un risque psychosocial.

Le second volet de cette stratégie nationale sera présenté au début de l’année 2017. Il concernera les professionnels libéraux, « dont la spécificité des conditions d’exercice appelle des réponses adaptées ».

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum