Installer des centres de santé “participatifs” dans les territoires défavorisés

Santé

Le gouvernement lance un appel à candidatures national pour la mise en place d’une expérimentation de centres et maisons de santé « participatifs » dans les territoires défavorisés.

Le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, et la ministre déléguée chargée de la Ville, Nadia Hai, ont annoncé, le 9 août 2021, le lancement d’un appel à projets pour la mise en place de centres et maisons de santé « participatifs » dans les territoires défavorisés. Dans le cadre du « Ségur de la santé », le gouvernement veut inscrire le modèle de la « santé participative » dans notre système de soins.

Les centres et maisons de santé « participatifs » s’adressent en priorité aux territoires défavorisés, dont une partie de la population présente un état de santé plus dégradé du fait de sa précarité, de ses difficultés à accéder à l’offre de prévention et de soins et aux droits sociaux. Les rapports de l’Observatoire national de la politique de la ville de 2016 et 2019 ont bien montré que les habitants des quartiers prioritaires rencontrent fréquemment des problématiques de santé liées à la précarité. À savoir : surpoids des enfants, affections bucco-dentaires non prises en charge et prégnance des souffrances psycho-sociales. Le renoncement aux soins pour raisons financières y est plus fréquent et le recours aux dépistages moins élevé que dans le reste de la population.

Le modèle de la « santé participative » entend apporter une réponse pertinente à ces situations en adaptant le projet de santé de la structure aux besoins des patients. En allant vers les usagers, en mettant en place des espaces de paroles, des actions de médiation en santé, avec des services d’interprétariat professionnel, les centres et maisons de santé « participatifs » prennent en compte l’ensemble des problématiques des personnes tout en les rendant actrices de leur propre santé. Ces structures offrent une prise en charge particulièrement adaptée aux populations précaires ou éloignées du soin, car elle se fonde sur un accompagnement médico-psycho-social mis en œuvre par une équipe pluri-professionnelle, associant notamment des médecins généralistes et auxiliaires médicaux, des psychologues, des agents d’accueil, des médiateurs en santé et des interprètes professionnels. Ces professionnels, par différents biais, font participer les usagers au projet de santé de la structure. Cet accompagnement à la fois médical, psychologique et social a fait la preuve de son efficacité aux États-Unis, au Canada et au Brésil, en améliorant l’accès aux soins des plus fragiles tout en réduisant les coûts pour la collectivité.

Convaincu de la pertinence du modèle de la « santé participative », le gouvernement lance donc une première phase d’expérimentations d’une durée de 2 ans, soutenue par un budget d’un montant total de 24 millions d’euros. L’appel à candidatures vise à sélectionner des structures volontaires pour expérimenter un modèle économique de la « santé participative ». Une vingtaine de structures (dont six admises d’office dans l’expérimentation) testeront en conditions réelles différentes dotations, en vue d’une intégration de ce modèle dans le droit commun, selon des paramètres financiers qui pourront évoluer en fonction des résultats observés. L’objectif à l’horizon 2023-2024 est de créer 60 centres et maisons de santé « participatifs » en inscrivant la « santé participative » dans un modèle économique pérenne et soutenable.

Le dossier de candidature est à transmettre par voie électronique au plus tard le 15 octobre 2021.

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