Internes et jeunes médecins furieux contre la remise en cause de la liberté d’installation

Santé

HOSPIMEDIA – Plusieurs organisations d’internes en médecine et de jeunes médecins ont durement critiqué plusieurs des propositions sur l’accès aux soins du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) qui visent à encadrer de façon plus contraignante le dispositif de régulation pour le premier exercice. Le CNOM a émis en effet une série de recommandations mardi, parmi lesquelles il préconise qu’ « à l’obtention de sa qualification ou à l’issue de son post-internat, le médecin serait tenu d’exercer pendant une période de 5 ans dans sa région de formation de 3e cycle ».

HOSPIMEDIA  – « Le CNOM brade sa jeunesse », s’émeuvent dans un communiqué commun mardi l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG) et le Regroupement autonome des généralistes, jeunes installés et remplaçants (REAGJIR). Ils témoignent de leur incompréhension et se disent « consternés par la teneur des recommandations avancées ». Selon eux, le CNOM présente des propositions « en contradiction avec ses missions ordinales ». Ils rappellent ainsi opportunément le jugement qu’avait apporté l’Ordre sur une proposition de loi – finalement retoquée – du député Nouveau centre d’Eure-et-Loir, Philippe Vigier, imaginant une obligation d’exercice de trois ans en zones géographiques en « souffrance ». Le CNOM avait alors estimé que les mesures proposées n’auraient « qu’un seul effet : mettre un terme définitif à l’installation libérale de jeunes médecins en médecine générale ». Les trois organisations en appellent ainsi « à une réaction forte » du gouvernement et « porteurs de nombreuses propositions », elles sollicitent un « rendez-vous croisé le plus rapidement possible » à l’Élysée.
Pour leur part, l’Intersyndicat national des internes des Hôpitaux (ISNIH) et l’Intersyndicat national des chefs de clinique assistants des hôpitaux (ISNCCA) expriment « leur plus vive opposition » à ces propositions qui « mettent gravement en péril l’attractivité de la médecine libérale pour les jeunes médecins ». Des mesures jugées « totalement contre-productives », qui détourneraient de cet exercice des jeunes contraints de s’engager « pendant 9 à 15 ans après le début de l’internat à exercer dans une seule région », devant l’impossibilité « de pouvoir mieux articuler vie professionnelle et familiale ». Ils soulignent par ailleurs que « toute contrainte sur le corps médical doit respecter le principe d’intergénérationalité, afin d’éviter qu’un poids inacceptable ne pèse sur les jeunes médecins ».
Enfin, la proposition du CNOM laisse « stupéfaite » la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) – Jeunes médecins qui y voit une mesure « vouée à l’échec et (…) vécue comme une agression envers les jeunes » professionnels. « Cette mesure aura pour premier effet de voir certains CHU non choisis aux ECN (Épreuves nationales classantes), car les étudiants ne voudront pas y faire leur vie », estiment-ils. « Ceux qui auront été contraints de se former dans une région qui n’aurait pas été leur choix initial, choisiront une échappatoire évidente : le salariat », conclut la confédération qui recommande de donner plutôt « tous les moyens aux mesures incitatives » et le temps de produire leurs effets.
C.C.

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