Nouvelle mobilisation de sages-femmes réclamant de meilleurs salaires

Santé

Près d’une centaine de sages-femmes du milieu hospitalier se sont rassemblées mardi à Paris pour réclamer de meilleurs salaires dans le cadre d’une journée d’action, également marquée par 24 heures de grève, organisée à l’appel d’une intersyndicale.

Avec des affiches accrochées au dos de leur blouse, sur lesquelles on pouvait lire des slogans tels que « Marisol, sors nos salaires du formol », « desperate midwives, étudier plus pour gagner plus », les manifestants ont bloqué un carrefour à proximité du ministère de la Santé (VIIe). Le ministère et les syndicats représentatifs (CGT, CFDT, FO et SUD) ont tenu dans l’après-midi une ultime réunion après plusieurs semaines de négociations destinées à refondre la grille salariale des sages-femmes hospitalières. Selon Isabelle Pharisien (SUD), membre de la délégation intersyndicale, cette réunion « a débouché sur une véritable impasse ». Elle a indiqué à l’AFP que le gouvernement avait proposé une enveloppe de 20 millions d’euros pour les augmentations, ce que réclamaient les syndicats, mais ils en ont contesté la répartition. « On a le sentiment d’un rendez-vous raté », a-t-elle dit, en déplorant le maintien de « grilles para-médicales et non pas médicales » pour les sages-femmes. Aucune nouvelle réunion n’a été programmée, a précisé Mme Pharisien.

Plus tôt dans la journée, les sages-femmes sont venues dénoncer devant le ministère « le mépris » du gouvernement et « un salaire de misère qui n’est pas à la hauteur de nos responsabilités et de nos cinq années d’études », selon Rosalia Rochelle (SUD). « Ça fait treize ans que nous n’avons pas été augmentées. Je touche 2 300 euros après 18 ans de carrière », a-t-elle ajouté. Le rassemblement de mardi ne s’inscrivait pas dans le mouvement initié par le collectif des sages-femmes, à l’origine d’une grève entamée en octobre et en désaccord avec les syndicats. Le collectif réclame un statut de praticien hospitalier, similaire à celui des médecins, pour les sages-femmes exerçant à l’hôpital, tandis que les syndicats préfèrent maintenir les sages-femmes dans la Fonction publique. La ministre de la Santé Marisol Touraine avait tranché en mars en faveur d’un « statut médical » pour les sages-femmes hospitalières, qui resteraient fonctionnaires.

« Ce qu’on a toujours dit depuis le début c’est que le salaire des hospitalières découle de leur statut », a expliqué à l’AFP Caroline Raquin, du collectif, interrogée sur son absence au rassemblement de mardi. Malgré ce clivage, la plupart des personnes présentes avaient déjà participé aux manifestations organisées par le collectif, à l’instar de Gersende, venue du Havre avec trois collègues. « Moi je voulais sortir de la fonction publique mais le gouvernement est passé à autre chose », a-t-elle regretté.

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