À rebours des engagements pris lors de la discussion et du vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, le gouvernement prévoit des mesures d’austérité drastiques dans le cadre de la campagne budgétaire 2026 des établissements de santé. À savoir : l’absence totale de revalorisation des tarifs hospitaliers, conjuguée à la perspective d’un gel, dès le début de l’année, des dotations pourtant prévues pour financer les mesures nouvelles. « Tarifs hospitaliers 2026 : zéro. Où est le respect de la Représentation nationale ? », se sont indignées les fédérations hospitalières – FEHAP, FHF, FHP et Unicancer –, à la veille de Noël.
« Ces orientations budgétaires préparent une année de restriction intenable pour le service public », a dénoncé la FHF, le 29 décembre 2025. Celles-ci font peser sur l’hôpital public « une triple peine : d’abord des financements insuffisants, qui ne couvrent pas les coûts réels supportés par les établissements ; ensuite une régulation budgétaire qui se concentre exclusivement sur le service public ; enfin, l’abandon de priorités de santé publique évidentes, au premier rang desquelles la psychiatrie, pourtant érigée en Grande Cause nationale et que l’hôpital public assume très majoritairement ».
Stop au sous-financement de l’hôpital public
« À quoi sert de débattre du PLFSS des semaines durant si les arbitrages budgétaires en annulent l’essentiel des mesures, voire contredisent leur esprit en mettant les établissements publics en difficulté ? », interroge à nouveau la FHF. En effet, au-delà de la décision du gouvernement de maintenir les tarifs hospitaliers à zéro évolution, la campagne 2026 se caractérise par « une accumulation de mécanismes défavorables aux établissements publics ». En particulier, le gel des dotations concernera quasi exclusivement les établissements publics, « alors même qu’ils assument, pour le compte de toutes et tous, les missions les plus contraignantes », conteste la Fédération :
- prise en charge des pathologies les plus lourdes ;
- recours de prise en charge pour l’ensemble des acteurs, privés compris ;
- permanence des soins (PDSES) de manière ultra-majoritaire (85 % de l’activité) ;
- enseignement et formation des futurs professionnels de santé.
« Le sous-financement chronique de l’hôpital public doit cesser ! », clame la FHF. Année après année, les besoins de santé et les contraintes budgétaires augmentent plus vite que ses ressources financières, rappelle-t-elle. Et la Fédération d’énumérer : l’inflation a augmenté et n’a pas été compensée ; la rémunération des professionnels également, sans que les moyens de l’hôpital public croissent à proportion. « Ainsi, le déficit de 3 milliards d’euros accusé par les établissements publics à fin 2024 est-il entièrement dû à des facteurs qu’ils ne maîtrisent pas », insiste la FHF.
Les fédérations hospitalières demandent une révision de la campagne budgétaire 2026
L’hôpital public constitue « le bouclier sanitaire de la Nation », plaide la FHF. Après des années de mobilisation exceptionnelle, consécutive à la crise sanitaire liée au Covid-19, il a finalement réussi à reprendre son activité normale à partir de 2024, se réjouit la Fédération. Aujourd’hui, le gouvernement « prend le risque de stopper l’hôpital public dans son élan, prévient-elle. Faire peser l’essentiel du poids de la régulation budgétaire sur l’hôpital public va entièrement à l’encontre des besoins de santé des Français et des réalités de sa contribution aux priorités de santé publique ».
À défaut de corrections rapides dans les prochains arbitrages budgétaires, les décisions gouvernementales vont continuer à « affaiblir l’hôpital public, au détriment de la continuité du service public et de l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire », martèle la FHF. Pour 2026, les quatre fédérations hospitalières appellent donc le gouvernement « à un changement radical de méthode, fondé sur un cadre de confiance, et à engager un dialogue responsable sur l’avenir du système de santé. Personne ne peut se permettre que 2026 ne soit pas une année pleinement utile pour la santé des citoyens. » Pour ce faire, la campagne tarifaire 2026 doit être rapidement revue et ne peut être en deçà de 1 %, exigent la FEHAP, la FHF, la FHP et Unicancer.
